En voyage aux Etats-Unis avec une casquette rouge «Switzerland – great since 1291» – La Suisse, grande depuis 1291 –, Guy Parmelin est revenu tout petit… Sans accord avec les Etats-Unis (mais ce n’était semble-t-il pas le but), et toujours réduit à espérer que ceux-ci respecteront le plafond de 15% de droits de douane déjà négocié. Washington fait languir Berne et l’inquiète, mais c’est dans ses habitudes: voilà vingt ans que la Confédération espère conclure un accord de libre-échange. Une avanie parmi d’autres, comme les administrations américaines, quelles qu’elles soient, aiment à en faire à leurs amis. Elles sont ainsi toujours promptes à leur donner des leçons, à leur imposer des règles – pensons au différend fiscal et aux affaires bancaires – et à se faire violence en cas d’insatisfaction: songeons aux juges de la Cour pénale internationale sanctionnés après l’émission d’un mandat d’arrêt visant Benjamin Netanyahou et aux menaces de représailles adressées à l’Union européenne qui souhaite encadrer les GAFAM.
Le plus navrant est que les trumperies d’aujourd’hui ne sont que la suite dramatiquement bouffonne des tromperies d’hier. On justifie une opération militaire absurde en Iran en affirmant que les mollahs sont à une semaine de se doter de l’arme nucléaire comme on justifiait une intervention en Irak en brandissant une fiole d’anthrax. Ce sont toujours les mêmes mensonges, les mêmes affabulations. Et la même loi du plus fort qu’appliquent des gens pourtant sans foi ni loi. La ruée vers l’or, devenue ruée vers le pétrole, n’a pas universalisé le rêve américain, mais l’esprit du far west. C’est devant cela que l’Europe et la Suisse baissent les yeux, plient les genoux, courbent l’échine. Il est grand temps de se réveiller, de considérer les Etats-Unis pour ce qu’ils sont, à savoir un allié guère plus amical que la Russie – ils pratiquent d’ailleurs comme elle l’ingérence politique en Europe –, et de privilégier d’autres partenaires, tant sur le plan économique que militaire. Des partenaires fiables et honnêtes, avec lesquels nous partageons de réelles valeurs.