Esope et le Natel

Ce lecteur dresse un parallèle entre les langues cuisinées par Esope et le Natel.

Esope et le Natel? Que vient faire ici le fabuliste grec dont La Fontaine nous gratifia de son chef-d’œuvre, les fameuses fables que tout le monde connaît? Rien avec ses contes, mais avec un épisode de sa vie. D’après Plutarque, il était un esclave bègue et difforme d’un honorable citoyen d’une cité grecque. Un jour, son maître lui demanda de préparer un repas pour des invités avec la meilleure nourriture pour ravir et impressionner ses convives. Esope ne cuisina que des langues jusqu’à dégoûter les convives. Surpris, ses hôtes demandèrent au maître des lieux d’interroger son cuisinier pour comprendre les raisons de son choix. Esope répondit que la langue est la meilleure des choses: elle nous permet de correspondre, elle est la clef des sciences, le lien de la vie civile. Surpris par cette réponse, les participants lui demandèrent de préparer pour le lendemain la pire des nourritures. Esope n’acheta que des langues, prétextant qu’elles étaient aussi la pire des choses, qu’elles étaient la source des guerres et la cause de bien des mésententes dans la société et les familles.

Le Natel, dans son utilisation, est trop souvent similaire à la langue. Il est précieux dans les relations humaines, les affaires, les voyages; il est aussi la pire des choses dans ses désagréables usages dans les trains, les restaurants, les places et bâtiments publics et dans la transmission de messages qui n’ont rien à voir avec de saines et bonnes relations. A l’image de la langue, il est la meilleure et la pire des choses. Et puis, très belle photo couleur en pleine page 10 du numéro 2. Je l’ai prise au premier abord pour une machine de guerre. En l’examinant bien, j’ai découvert l’esquisse d’une figure humaine: c’est le gardien de l’équipe de hockey sur glace de Davos lors de la Coupe Spengler. Je l’ai comparée avec une photo de l’Echo Illustré publiée dans le numéro 1 de 1949, il y a 75 ans, lors du même tournoi: le gardien y porte une simple casquette, il n’a aucune protection du corps et du visage, tout comme les joueurs; et les tribunes sont en bois. C’était une autre époque…

 

Jean Ducrest, Epalinges (VD)

 

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