Donner sens

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Vulnérables. Nous sommes vulnérables. Tous. Le virus touche des proches, des amis, des voisins, des collègues. S’il frappe en priorité les personnes âgées, il peut très bien nous atteindre.

D’où une série de mesures à respecter, pour soi et pour autrui: se protéger, c’est protéger les autres. En nous y tenant, nous stopperons la pandémie pour reprendre notre vie d’avant. Ce confinement forcé n’aura été qu’une parenthèse dans le cours du monde et de nos existences d’êtres humains pressés et stressés.

Au fond de nous, nous savons bien que non. Que ce scénario prendra bien plus de temps que nous nous l’étions imaginé et que personne ne sortira indemne d’une expérience tout à la fois inédite et angoissante: le coût humain et économique de cette pandémie, nous le sentons, sera énorme.

Au vrai, nous ne savons pas où nous allons, nous naviguons à vue, et les chiffres que nous livrent chaque jour les médias ne font qu’accroître notre malaise. Tous vulnérables: dans notre corps, dans notre esprit. Personne n’y échappe. La preuve: la moindre victoire sur le mal est applaudie – à juste titre – et nous nous raccrochons à la plus petite lueur d’espoir.

Vulnérables et dépassés. Il nous reste une chose, dont nous sommes responsables, dit Stefano Biancu, professeur de philosophie à Rome: l’espérance. Non pas «l’illusion que le mal ne nous frappera pas, l’illusion de ne pas être vulnérables», mais «la confiance dans le fait que cet immense non-sens peut avoir un sens». Si nous faisons de ce ralentissement forcé un temps «pour rêver un monde différent et en faire le projet». Si nous semons aujourd’hui les graines d’un autre avenir. Car demain ne sera pas comme hier. Il ne pourra pas l’être.

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