Birmanie: l’armée en roue libre

Les militaires ont bouté le feu aux véhicules après avoir exécuté leurs passagers, plus de 35 civils. Les militaires ont bouté le feu aux véhicules après avoir exécuté leurs passagers, plus de 35 civils.

Plus de 35 personnes ont été massacrées en Birmanie la veille de Noël. Elles sont les dernières victimes de la répression brutale de la junte militaire depuis le putsch du 1er février.

UN MASSACRE?

La tuerie a eu lieu le soir du 24 décembre. Les restes calcinés d’au moins 35 personnes – dont des enfants, des femmes et des personnes âgées – ont été découverts dans le village chrétien de Mo So, dans l’Etat birman de Kayah à la frontière avec la Thaïlande. Des soldats auraient forcé des passagers à descendre de leurs véhicules avant de les exécuter sommairement et de mettre le feu aux cadavres.

QUELS SOLDATS?

Pour Save the Children, qui a perdu deux employés dans l’attaque – de jeunes pères de famille dont l’un était chargé de former des enseignants –, pas de doute: ces atrocités ont été commises par les militaires birmans qui ont admis avoir mené des opérations dans cette zone et causé des morts. En octobre, l’ONG britannique a vu son bureau de la ville de Thantlang, dans l’ouest du pays, détruit par des bombardements qui ont rasé des dizaines de maisons lors d’affrontements avec un groupe opposé au régime. Selon l’Assistance association for political prisonners, organisation à but non lucratif basée en Thaïlande et fondée par d’anciens prisonniers politiques en exil, plus de 1300 personnes ont déjà été tuées par la junte depuis le coup d’Etat du 1er février.

L’ARMÉE TOUTE-PUISSANTE?

Les hauts gradés règnent sans partage sur le pays depuis son indépendance en 1948. Après les coups d’Etat de 1962 et de 1988, ils ont encore imposé la loi des fusils le 1er février en mettant fin à la transition démocratique lancée en 2015. Aung San SuuKyi, cheffe de facto du gouvernement civil, a été évincée par le général Min Aung Hlaing. Passée de figure de l’opposition non violente à la dictature militaire (prix Nobel de la paix en 1991) à paria de la communauté internationale en raison de son acceptation des crimes contre la minorité musulmane rohingya, la «Dame de Rangoun» saura, le 10 janvier, quel sort le tribunal de la junte birmane lui réserve.

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LES CHRÉTIENS VISÉS?

Kayah, l’Etat où a eu lieu lemassacre, est une place forte de la résistance depuis le putsch: des villageois y ont constitué en mai les Forces de défense des nationalités karens – une ethnie à majorité baptiste en guerre avec l’Etat depuis 1941 – qui affrontent l’armée depuis des mois. Leurs représentants assurent pourtant que les civils assassinés le 24 décembre ne faisaient pas partie des leurs. Il s’agirait selon eux de réfugiés qui avaient quitté leur village reculé de la jungle pour échapper aux combats. Depuis le début du confit, près de 100’000 personnes dans une situation similaire auraient cherché à gagner la Thaïlande.

ET LES JOURNALISTES?

Un reporter birman qui documentait la fuite des réfugiés a été abattu par l’armée le 25 décembre à la frontière avec la Thaïlande. Dix jours auparavant, un journaliste arrêté par des soldats à Rangoun est décédé après un violent interrogatoire. La junte semble prête à tous les excès pour conserver son pouvoir. Quitte à transformer la Birmanie, comme le dénonce Reporters sans frontières, en plus grande prison du monde pour les journalistes après la Chine.

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