Le refus d’Abraham

A quoi ressembleront les fêtes de Noël? Faudrat-il présenter un certificat Covid en famille? Dans ce cas, qui sera le pandore? Et les enfants, auront-ils le droit d’enlever le masque qu’ils doivent porter à l’école? Se poser ces questions, c’est déjà mesurer que trop de limites ont été abaissées par la série de mesures prises pour juguler la pandémie.

La société de l’état d’exception et du contrôle permanent, où la peur panique cimente l’emprise du traçage numérique, est en train de programmer notre avenir. Souhaitons-nous cette autre calamité? Plus le temps de l’Avent avance, plus le repas de Noël risque de ressembler à celui d’Un dîner en famille caricaturé par Caran d’Ache il y a 120 ans. Un dessin fameux qui prend le pouls de la France déchirée par l’affaire Dreyfus. Avant les ripailles, le chef de table préconise, l’index dressé en guise d’avertissement: «Surtout, n’en parlons pas!». Son injonction est-elle respectée? Le croquis qui suit dépeint la famille sens dessus dessous. Coups et blessures. Vaisselle brisée. Pagaille totale. Constat de Caran d’Ache: «Ils en ont parlé...».

A qui la faute? Gare à ce mot terrible et à la logique qu’il induit! Dans le fond de l’air, on entend ce genre de commentaires sur les personnes non vaccinées: «Egoïstes, rebelles de pacotille, insensés, complotistes! Qu’ils paient pour leurs soins intensifs! S’ils n’étaient pas là, on pourrait à nouveau vivre normalement! ».

La naissance du Christ nous appelle, pas la stigmatisation de notre prochain.En mars 2020, nous étions unis, sidérés par l’irruption du Covid: la solidarité nous rassemblait. En automne passé, plus personne n’applaudissait à sa fenêtre. Aujourd’hui, c’est le temps des reproches et du soupçon... Dilapider une telle union nationale en si peu de temps est inouï alors que nous ne sommes pas encore sortis d’une crise où personne (ou presque) ne semble s’émouvoir d’une logique à l’oeuvre dans un corps social affaibli par la pandémie: celle du bouc émissaire dont il faut se méfier comme de la peste.

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Ce mécanisme insidieux d’accusation est indigne d’une démocratie. Affaiblir nos défenses immunitaires à ce niveau-là est grave. Cela revient à abaisser le couteau sur la gorge d’Isaac. Or, dans l’AncienTestament, l’ange, émissaire de Dieu, retient le geste sacrificiel d’Abraham. L’Ecriture nous avertit. Le grand philosophe catholique René Girard a aussi bâti son oeuvre sur le refus de la violence expiatrice qui désigne un responsable voué aux gémonies. Il n’y en a aucun dans cette pandémie. Sauf, peut-être, à la tête de la Chine, là où on n’a toujours pas identifié le fameux «patient zéro», probablement caché dans une fosse commune et dont les virologues n’osent réclamer le cadavre.

De grâce, ne faisons pas de ce Noël un nouvel échec. Il y en a déjà eu assez. La naissance du Christ nous appelle, pas la stigmatisation de notre prochain.

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Au-delà des chiffres

C’est un «fléau sans imagination» qui s’est «promené d’un air moqueur à la clarté du jour, dans un monde tout neuf, accompagné de son bulletin, qui racontait les remèdes qu’on avait employés contre lui, le nombre des victimes qu’il avait faites, où il en était, l’espoir qu’on avait de le voir encore finir, les précautions qu’on devait prendre pour se mettre à l’abri».

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