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Cette épidémie tue aussi

La vague de surpoids et d’obésité qui frappe l’humanité ne vient pas de nulle part. Elle est le résultat d’une grande arnaque alimentaire.


«Aïe, je risque de grossir si je mange trop»: bloqué chez vous, privé de marche, il se peut que vous ayez ce genre de pensées. Le problème de l’alimentation et de son impact sur les êtres humains, Sylvie Gilman et Thierry de Lestrade, auteurs des documentaires Microbiote, les fabuleux pouvoirs du ventre et Le jeûne, une nouvelle thérapie?, y réfléchissent depuis longtemps.
Un mon­de obèse, leur dernière enquête, part des Etats-Unis et du Mexique pour aller jusqu’au Chili en passant par l’Europe. Elle explique pourquoi deux milliards d’adultes et d’enfants se retrouvent aujourd’hui en surpoids. Ou obèses.
Premier constat: le fameux slogan des années 2000, «Mangez moins, bougez plus», basé sur la glorification de la volonté individuelle comme réponse à tous les problèmes sociaux (si vous êtes pauvre, travaillez plus…), est un mensonge. Instrumentalisé par l’industrie alimentaire qui se limite à promouvoir la danse, le sport, la marche et la promenade avec votre chien – bref, tout sauf la consommation d’aliments sains –, ce message occulte le rôle fondamental joué par le régime alimentaire imposé à tous depuis cinquante ans. C’est cela, affirme Un monde obèse, plus que le manque de volonté, qui a entraîné l’épidémie d’obésité dont  nous souffrons aujourd’hui.

Dangereuses céréales

Le problème remonte à la croisade lancée à la fin des années 1970 contre le gras, désigné à tort comme le grand responsable des maladies cardio-vasculaires. Ce changement de paradigme a fait des céréales, que l’on donnait autrefois au bétail pour l’engraisser, la nouvelle base de notre alimentation! Des céréales riches en glucides, en sucre donc, massivement subventionnées, à la place de la viande, des œufs, du lait et du fromage! Parallèlement, des produits transformés, allégés en matières grasses mais saturés de sucre, au pouvoir addictif, ont commencé à déferler sur le marché à grand renfort de publicité.
Des avocats, des scientifiques et des associations de citoyens mènent heureusement le combat contre la malbouffe. En Suisse, où 42% de la population est en surpoids ou obèse, la lutte avance lentement face à un Parlement à la botte du lobby du sucre. Et si la révolution alimentaire échouait? «Dans quelques années, affirme un médecin de l’hôpital général de San Francisco, une personne sur trois sera diabétique, tout le monde sera obèse et on mourra d’un AVC ou d’une crise cardiaque à 40 ans.»

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