Editions: le rêve américain

«J’écris une langue francophone, qui n’est pas forcément celle de Paris», affirme Elisa Shua Dusapin. «J’écris une langue francophone, qui n’est pas forcément celle de Paris», affirme Elisa Shua Dusapin.

Ce n’est pas tous les jours qu’un auteur suisse reçoit un prix littéraire international. Qui plus est aux Etats-Unis! Pourtant, cela vient de se produire. Une jeune auteure jurassienne a remporté National Book Award de la meilleure oeuvre traduite. Elisa Shua Dusapin n’en revient pas. Grâce à son premier roman paru en 2016, Hiver à Sokcho (Editions Zoé), traduit en anglais par Aneesa Abbas Higgins en 2018 sous le titre Winter in Sokho, son téléphone n’arrête pas de sonner: tout le monde veut la rencontrer. «Elisa Shua Dusapin séduit les Américains», titrait Le Temps au lendemain de l’annonce.

«Dusapin, un rêve américain» affirmait La Liberté alors que la Jurassienne expliquait: «Ça dépasse tout ce que j’imaginais» dans 24 Heures et la Tribune de Genève. Il faut dire que ce prix est l’un des plus importants du monde anglo-saxon! Et c’est la première fois qu’un écrivain suisse le reçoit. Les médias romands ne s’y sont pas trompés. Des radios locales aux quotidiens en passant par les sites d’information numériques et les divers canaux de la RTS, tous ont parlé du succès et du talent incroyable d’Elisa Shua Dusapin.

«Dans l’écriture d’Elisa, même le silence on l’entend».Winter in Sokcho est «un roman sobre et viscéral qui explore les failles identitaires culturelles, intimes ou nationales. L’élégante traduction d’Aneesa Abbas Higgins sublime la langue d’Elisa Shua Dusapin» a commenté le jury américain, qui l’a choisi parmi 154 romans contemporains. A sa sortie, Hiver à Sokcho avait déjà conquis les lecteurs et remporté de nombreux prix dont le prix Robert Walser en Suisse et le prix Régine Deforges en France. En 2016 l’éditrice, Caroline Couteau, directrice des Editions Zoé, basées à Genève, et première à avoir détecté le talent de la jeune romancière, décrivait ainsi ce premier roman: «Dans l’écriture d’Elisa, même le silence on l’entend ». «J’ai voulu écrire un livre comme un pont entre les cultures et les langues qui m’habitent. Recevoir un prix international pour la traduction d’Hiver à Sokcho est un immense honneur», a expliqué la jeune auteure dont le roman est déjà en cours d’adaptation cinématographique. Plus besoin d’être édité à Paris pour être reconnu. Un sacré coup de projecteur sur l’édition romande!

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