Bible: au seuil d’une nouvelle année

Nous pourrons nous souhaiter «bonne année» le 27 novembre, car ce dimanche-là, le premier de l’Avent, ouvrira une nouvelle année liturgique. Il nous mettra en marche vers Noël, la naissance de Jésus en notre chair.

Samedi soir 27 novembre, nous n’aurons pas à changer l’heure à nos montres. Non, nous nous souhaiterons «bonne année!». Car c’est le premier dimanche de l’Avent que débute le nouveau cycle liturgique, qui nous proposera de parcourir l’évangile de Luc (l’année C après l’année B consacrée à Marc qui s’achèvera avec le dimanche du Christ Roi, le 21 novembre). Le calendrier ecclésial ne correspond ni à l’année scolaire et pastorale ni à l’année civile. Et il peut paraître paradoxal de commencer une nouvelle année liturgique alors que les bilans de clôture se négocient en décembre et que le temps de la Nativité a été transformé en «fêtes de fin d’année». Il vaut la peine, à cette occasion, de rouvrir le Nouveau Testament.

UNE TRIPLE VENUE

Le troisième évangile est d’une brûlante actualité: c’est le plus «féministe » des quatre (Luc 7); il invite à la «spiritualité» pour notre temps dans l’Esprit Saint (chapitre 11). Il ménage une grande place aux étrangers (comme le bon Samaritain, 10,29-37). Il consacre tout son chapitre 15 à la bienveillance et à la miséricorde (avec par exemple la fameuse parabole du père prodigue). C’est lui qui parle de la crèche et donne un beau rôle à la mère du Christ avec l’Annonciation et la Visitation (Luc 1-2). Et c’est encore lui qui situe le Ressuscité sur le chemin des disciples d’Emmaüs (24,13-35).

Comme les deux autres évangiles synoptiques, le texte lucanien nous prépare à la spiritualité de l’Avent. Le mot signifie «venue» en latin (ad-ventus). C’est la triple venue de Jésus-Christ que nous préparons durant les quatre dimanches de la couronne et les vingt-quatre images du calendrier: la venue dans la chair du Fils de Dieu dont nous faisons mémoire à Noël (terme qui veut dire «Nativité»); sa venue dans nos coeurs à chaque instant; et surtout son retour dans la gloire sur les nuées à la fin des temps (Luc 21,27).

Beaucoup de prophètes de malheur font une lecture hâtive des signes actuels: pandémie, menace vaccinale, crise écologique et économique, guerres à foison. Ils ne comprennent pas le sens du langage et des discours dits «apocalyptiques» des évangiles et du dernier livre de la Bible. Ils y voient des catastrophes alors que le mot apocalypse veut dire «révélation». Quand tous ces signes dans le soleil, la lune, les étoiles, sur terre et parmi les hommes commenceront d’arriver, affirme Luc, «redressez-vous et relevez la tête, parce que votre délivrance est proche» (21,25-28).

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N’ayons pas peur: c’est vers une libération que nous allons, vers les cieux nouveaux et la nouvelle terre (Apocalypse 21,1), et non vers la destruction de l’univers et de notre planète. Ne nous laissons pas aveugler par les oiseaux de mauvais augure, y compris lorsque nous voterons. «Prenez garde de vous laisser abuser. Pas un cheveu de votre tête ne se perdra. C’est par votre persévérance que vous aurez la vie» (Luc 21,8-19).

UN MONDE PLUS JUSTE

Continuons de nous battre pour sauvegarder la création, protéger la biodiversité et lutter contre le dérèglement climatique, ce à quoi nous invite l’encyclique Laudato si’ du pape François. Interpellons les chefs d’Etat réunis pour la COP26 pour que les belles promesses se traduisent en actes. Et engageons-nous pour la santé et le bien commun de l’humanité comme de notre pays: «C’est un acte d’amour et de respect», nous rappellent le souverain pontife et la Conférence des évêques suisses!

L’Avent, avec Luc, c’est donc préparer dès aujourd’hui les chemins du Seigneur. La vie, la vie éternelle, ce n’est pas que pour «après la mort». C’est déjà maintenant. C’est chaque jour. C’est de cette «vive vivante» que les chrétiens sont témoins, de cette vie que le Fils de l’homme est venu verser en abondance dans nos veines, nos âmes et nos esprits. C’est de cette vie du Verbe fait chair que l’Eglise est porteuse à chaque Avent, de manière renouvelée.

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N’attendons pas qu’il soit trop tard. «Fais paraître ton jour et le temps de ta gloire», chantons-nous. Hâtons l’avènement du Royaume en apportant notre collaboration à la construction d’un monde de justice et de paix où il fait bon vivre, toutes épidémies maîtrisées, au coeur d’un cosmos préservé. Oui, bonne année, en Avent!

FRANÇOIS-XAVIER AMHERDT

Professeur de théologie

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Plusieurs dizaines de feux seront allumés en Suisse romande le 28 novembre pour marquer l’entrée dans le temps de l’Avent. La préparation à Noël n’est pas une question de décorations, de repas et de cadeaux: cette période est avant tout un appel à se réveiller.


Lui faire une place

L’Avent, qui s’ouvre dimanche, est un temps pour nous préparer à Noël, «Dieu mêlé à notre vie, l’inaccessible, l’inconcevable glissés dans l’étroitesse de notre chair», écrit Philippe Mac Leod dans Sens et beauté (Ad Solem). Ce temps nous tourne vers celui qui vient nous rejoindre dans l’épaisseur et l’obscurité de nos vies, au coeur de nos questions et de nos joies. L’enfant de la crèche, c’est en nous qu’il vient allumer sa lumière et répandre sa chaleur pour dilater nos existences étriquées, privées d’horizon à force d’incertitudes et de doutes.

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