Lecture solidaire

Les lecteurs ont acheté un peu plus de livres durant la pandémie, mais peu de nouveautés suisses. Les lecteurs ont acheté un peu plus de livres durant la pandémie, mais peu de nouveautés suisses.

Acheter pour 100 francs de livres tout en ne déboursant que 60 francs, c’est une idée qui doit permettre de maintenir la production éditoriale suisse. Si la pandémie a déjà suscité l’apparition de telles initiatives de soutien aux commerçants dans différents cantons – la différence étant financée par les pouvoirs publics ou des institutions –, le concept prend ici une dimension nationale. Cinq associations du monde du livre se sont unies pour une opération commune transcendant les barrières linguistiques.

L’objectif est évidemment financier. L’opération, baptisée LIBER-Suisse, qui passe par un financement participatif via une plateforme internet, doit permettre de lever un total d’un million de francs dont 600’000 versés par les lecteurs. Les bons ainsi achetés d’ici au 28 novembre pourront être échangés à partir de décembre dans 400 librairies du pays.

Les libraires, qui ont dû fermer durant deux mois au printemps 2020, ont pourtant peu connu la crise. Les commandes en ligne couplées à d’ingénieux systèmes de retrait et de distribution leur ont permis de maintenir une activité et les livres ont continué à se vendre tout au long de l’année. La RTS signalait ainsi en janvier une légère hausse des ventes.

Mais tout le monde n’en a pas profité. Si L’Enigme de la chambre 622 du Genevois Joël Dicker a été l’ouvrage le plus demandé en Suisse romande l’an dernier, «les lecteurs ont à peine remarqué les nouvelles parutions de la littérature suisse», selon Nicole Pfister Fetz, directrice de l’Association des autrices et auteurs de Suisse. Les bons sont ainsi destinés à soutenir l’ensemble de la branche: les libraires seront encouragés à mettre en avant la production éditoriale suisse. Des manifestations seront organisées dans les lieux de vente participant à l’opération et une campagne de promotion de la littérature suisse complètera l’action économique sur les réseaux sociaux. Car, au-delà de l’argent récolté et de la création d’un fonds de soutien pour les auteurs et éditeurs, c’est la diversité de la production littéraire qui est en jeu: une maison d’édition sur cinq serait en danger, estime la branche.

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