Italie: Pas de vaccin, pas de salaire

Place du Duomo, Milan, 15 octobre: manifestation contre l’obligation du pass sur le lieu de travail. Place du Duomo, Milan, 15 octobre: manifestation contre l’obligation du pass sur le lieu de travail.

Sur le front de la lutte anti-Covid, l’Italie adopte une politique drastique envers ses salariés. Ailleurs, le rythme vaccinal varie. La Suisse lance sa campagne automnale.

DRAGHI LE DRACONIQUE?

Depuis le 15 octobre, le green pass sanitaire est devenu obligatoire dans le secteur public et privé en Italie. Chaque travailleur doit montrer à son employeur la preuve de sa vaccination, de sa guérison ou d’un test négatif (payant et valable 48 heures) sous peine d’être déclaré absent et privé de salaire. C’est la mesure la plus draconienne en Europe.

POURQUOI?

Le gouvernement de Mario Draghi justifie cette politique, annoncée il y a un mois, par le fait que l’Italie est très touchée par la pandémie avec 130’000 morts. Rome exclut un nouveau confinement qui mettrait encore plus à mal son économie (chute du PIB de près de 9% en 2020) alors qu’Alitalia, jadis fleuron national, ne vole plus après 75 ans d’existence, laissant place à Italia Trasporto Aereo, une compagnie aérienne publique à taille réduite.

LE RISQUE?

L’Italie, 60 millions d’habitants, s’expose à un risque de blocage économique et de chaos social. Si 74% des plus de 12 ans sont vaccinés, et si le vaccin est déjà obligatoire pour le personnel soignant et le pass pour les enseignants, les personnes non-vaccinées seraient 250’000 sur 3,2 millions d’employés de la fonction publique (7,8%) et 2,2 sur les 14,6 millions du privé (15%). Or, nombre d’entre eux sont fâchés et précarisés. Les manifestations «antivax », de plus en plus violentes, sont infiltrées par les mouvements néofascistes Casa Pound et Forza Nuova. Tandis que les leaders de la droite dure, Giorgia Meloni de Fratelli d’Italia et Matteo Salvini de la Lega, soufflent sur la colère des «corona-sceptiques ».Va-t-on vers un affrontement politique?

Téléchargez gratuitement
l'Echo de cette semaine!

Cette semaine, l'Echo Magazine vous
est offert au format PDF en inscrivant
votre adresse email ci-dessous.


AILLEURS?

Le tableau est contrasté. Le Portugal est le champion mondial de la vaccination – 85% de la population, 98% des plus de 12 ans – grâce à la campagne menée par le vice-amiral Henrique de Gouveia e Melo. Son grand voisin espagnol (79% de vaccinés) a levé toutes les restrictions sanitaires, à l’image du Danemark il y a un mois. La France abandonne la gratuité des tests. Israël en est à la troisième dose. On évoque aussi la levée des brevets sur les vaccins afin d’aider les pays en voie de développement. Chaque nation joue sa partition même si l’automne n’est, pour l’instant, pas calamiteux comme l’an dernier.

LA SUISSE?

Alors que les contaminations sont en baisse, le Conseil fédéral renonce à ses «bons-vaccins» de 50 francs, une idée monnayant la solidarité. Il vient d’annoncer trois volets d’une campagne de 96 millions de francs: une semaine nationale de vaccination (8-14 novembre), un renforcement des unités mobiles de vaccination et des conseillers dans tout le pays. Parmi les pays dits riches, la Suisse est une lanterne rouge vaccinale: 61% de la population est vaccinée (65% en Allemagne, 67% en France), l’objectif officiel étant de 80% avant que les mesures puissent tomber, estime Berne. Grosso modo, 2 millions de personnes ne sont pas vaccinées en Suisse.

NEWSLETTER

Inscrivez-vous à la newsletter de l'Echo et recevez
nos contenus et promotions en exclusivité!



Articles en relation


Vaccins pour tous

Après des semaines de mouvements d’humeur, de manifestations de ras-le-bol et de graves menaces contre les politiciens, les Suisses se sont mobilisés apportant leur soutien aux mesures du gouvernement pour lutter contre la pandémie. 62% d’entre eux ont dit oui. La majorité silencieuse, très discrète ces dernières semaines, l’a emporté. La démocratie sort gagnante avec un taux de participation record (65%).


Vaccin obligatoire à Vienne

L’Autriche prend les mesures les plus drastiques du continent pour enrayer la nouvelle vague de coronavirus: confinement généralisé et vaccination imposée dès février. Les autres pays durcissent leur régime, la Suisse attend.


Loi covid: grogne des anti-pass

En plus des initiatives sur les soins infirmiers et la justice, la Suisse votera dans dix jours sur la loi Covid-19. Rarement un objet aura autant mobilisé la rue. Analyse d’une campagne tendue qui pose de nombreuses questions, notamment sur la presse.

Téléchargez gratuitement
l'Echo de cette semaine!

Cette semaine, l'Echo Magazine vous
est offert au format PDF en inscrivant
votre adresse email ci-dessous.


NEWSLETTER

Inscrivez-vous à la newsletter de l'Echo et recevez
nos contenus et promotions en exclusivité!



concours echo