Aider ou pas les médias

Un référendum de la droite alémanique, porté notamment par l’UDC Roger Köppel, éditeur de laWeltwoche, remet en cause l’aide à la presse. Le peuple votera en 2022. Un référendum de la droite alémanique, porté notamment par l’UDC Roger Köppel, éditeur de laWeltwoche, remet en cause l’aide à la presse. Le peuple votera en 2022.

Un référendum crucial pour la presse – et l’Echo Magazine – a abouti le 6 octobre. Il s’oppose au paquet de mesures voté par le Parlement en juin pour venir en aide aux médias, fragilisés par la pandémie.

AIDE À LA PRESSE?

La diversité des médias est importante pour la démocratie: c’est de cette idée que le Parlement suisse est parti pour voter, en juin, un train de mesures visant à accroître l’aide publique aux médias privés secoués par la pandémie. Privés de publicité durant des mois et fragilisés par la numérisation, journaux, télévisions et radios ont souffert. Certains ont même fermé.

UN RÉFÉRENDUM?

Le paquet de soutien avait à peine été accepté cet été qu’un référendum était lancé. Nommé «Non aux médias contrôlés», ce texte a abouti la semaine dernière avec plus du double des signatures requises. Le peuple devra donc dire l’an prochain s’il accepte ou non d’accroître l’aide publique indirecte aux médias privés en la faisant passer de 50 à 178 millions de francs par an au maximum. Une part importante de cet argent, mis à disposition durant sept ans, irait à la presse papier sous la forme d’un rabais postal: 40 millions pour soutenir la distribution matinale et dominicale, 50 millions pour subventionner celle des quotidiens et des hebdomadaires et 30 millions pour celle de la presse associative et de fondation. Les gratuits ne recevraient rien. Les médias en ligne sur abonnement payant ou financés par des donateurs empocheraient 30 millions; enfin, 28 millions reviendraient à l’agence Keystone - ATS et à d’autres acteurs clés de la branche. Ce dernier volet serait financé par la redevance radio-télévision et les deux autres par la Confédération.

QUI CONTRE L’AIDE?

En juin, 58% du Conseil national et 61% du Conseil des Etats avaient approuvé l’augmentation de l’aide à la presse. Les oppositions et les abstentions provenaient surtout des parlementaires alémaniques et tessinois. Parmi les trois comités soutenant le référendum déposé contre cette loi la semaine passée: des députés, anciens et actuels, très majoritairement de droite (UDC) et alémaniques, dont des journalistes. Comme Roger Köppel, éditeur de la Weltwoche, propriété de la famille Blocher, ou Philipp Gut, son ancien rédacteur en chef. Pour eux, accepter cette loi reviendrait à inféoder les médias à l’Etat.

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QUI POUR L’AIDE?

Au Parlement, les Romands ont plébiscité le paquet d’aides (73% au National et 83% aux Etats), qui a fait l’unanimité chez les socialistes et les Verts. Pour contrer le référendum de la droite alémanique, le comité unitaire Liberté d’opinion, porté par la faîtière des éditeurs suisses Schweizer Medien, Médias Suisses et Stampa Svizzera, a lancé la semaine dernière sa campagne en faveur du Oui aux mesures d’aide aux médias.

ET L’ÉCHO MAGAZINE ?

Il fait partie des titres de la presse indépendante qui, plus que les grands groupes médiatiques, essuieront les plâtres si le référendum venait à passer. Raison pour laquelle votre hebdomadaire soutient le camp du oui à l’aide à la presse (voir encart page 13). La votation n’aura lieu que l’an prochain, mais la bataille s’annonce déjà difficile à l’heure où une certaine méfiance guette la profession.

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