Mario Draghi: un super réformateur

Angela Merkel et Mario Draghi, 7 octobre à Rome: un air de passation de pouvoir. Angela Merkel et Mario Draghi, 7 octobre à Rome: un air de passation de pouvoir.

Alors que le pass sanitaire s’étend en Italie à tous les lieux de travail dès le 15 octobre, la péninsule transalpine présente de plus en plus le visage du renouveau: celui de Mario Draghi, président du Conseil des ministres depuis février. Auréolé d’une mirifique réputation d’économiste, «le sauveur de l’euro» en 2012 se positionne comme la figure de proue européenne de l’après-Angela Merkel. «Mario Draghi est le garant de l’euro», a d’ailleurs déclaré la Mutti lors de sa dernière visite officielle à Rome.

Le chef du gouvernement italien impose des réformes structurelles.Le chef du gouvernement italien est en train d’imposer à marche forcée les réformes structurelles réclamées de longue date par Bruxelles. Cela provoque des mécontentements dans sa coalition très composite, Mario Draghi n’appartenant à aucun parti et tenant à son indépendance. Le récent premier tour des municipales plaide cependant en sa faveur. Avec la déroute de la Ligue de Matteo Salvini (droite extrême anti-européenne) et le Parti démocrate (gauche modérée pro-UE) qui retrouve des couleurs, «Super Mario» a bien plus de marge de manoeuvre. Ainsi le président du Conseil vient de faire adopter la réforme du système fiscal, le renforcement de la lutte contre l’évasion fiscale et la refonte du cadastre, un troisième gros chantier lourd de biens immobiliers jamais déclarés (un million de «maisons fantômes»). C’est déjà beaucoup. Et ce n’est certainement pas terminé. Cela modifie aussi l’image du Bel Paese, souvent moqué pour la valse de ses gouvernements et ses carences, notamment par les pays qui revendiquent l’austérité dans une Union européenne en proie à la turbulence.

Deux personnages emblématiques de cette politique de la rigueur font d’ailleurs piètre figure: le chancelier autrichien démissionnaire Sebastian Kurz, soupçonné de corruption, et le Premier ministre tchèque Andrej Babis, accusé de fraude suite aux révélations des Pandora Papers. La roue tournerait- elle? Sur la scène européenne, Mario Draghi incarne une éthique politique et une crédibilité qui semble à toute épreuve. C’est de bon augure pour la suite de son vaste agenda transalpin: la mise en oeuvre des 191 milliards du plan de relance européen. S’il y parvient, «Super Mario» redonnera à la troisième économie du continent un lustre qu’elle n’a plus eue depuis des décennies.

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