Le silence des aînés

En 2017, les personnes âgées vivant coupées de proches, de voisins ou de réseaux associatifs étaient 300’000 contre 530’000 aujourd’hui. En 2017, les personnes âgées vivant coupées de proches, de voisins ou de réseaux associatifs étaient 300’000 contre 530’000 aujourd’hui.

Yvette, 94 ans, n’est pas sortie de chez elle depuis un an. En raison de la crise sanitaire et d’un accident de la route qui l’empêche de marcher. Célibataire et sans famille, elle ne voit qu’une bénévole qui lui amène ses courses une fois par semaine. Une «vie de recluse» forcée rapportée par Le Figaro du 30 septembre 2021, le visage d’une des 530’000 personnes âgées en situation de «mort sociale» en france. Un rapport des Petits frères des pauvres alerte sur l’isolement des plus de 60 ans.

«Dans nos vies digitalisées, le fait que quelqu’un ne réponde pas suscite peu d’inquiétude.»Le nombre de seniors qui ne voient plus ni famille ni amis a plus que doublé en quatre ans: il est passé de 900’000 à deux millions, soit l’équivalent de la population de Paris. «vertige de vide absolu», crises d’angoisse, sentiment de solitude: la faute aux mesures anti-covid? Oui, la pandémie a exacerbé l’isolement, par exemple en stoppant l’engagement associatif de nombreux retraités. Mais «le grand responsable», selon Yann Lasnier, délégué général de l’association, interviewé par le quotidien, «c’est la transition démographique. Avec l’arrivée aux grands âges des générations du baby-boom, le nombre de personnes en perte d’autonomie augmente chaque année». Et un autre phénomène dramatique risque de prendre de l’ampleur dans le contexte d’isolement actuel: «la mort solitaire» de personnes âgées, décédées chez elles sans que nul ne s’en rende compte avant des mois, voire des années. Une quarantaine de cas ont été évoqués dans la presse entre fin 2018 et début 2021. «Dans nos vies digitalisées, où les prélèvements automatiques se sont multipliés, le fait que quelqu’un ne réponde pas aux sollicitations suscite peu d’inquiétude», analyse Yann Lasnier.

Comment éviter ces situations indignes? L’association demande un système d’alerte sur le modèle du Japon où ces décès solitaires sont estimés à 30’000 par an. Elle suggère une veille par des établissements bancaires ou des distributeurs d’énergie. D’autres initiatives voient le jour: celle du maire d’Agen qui veut proposer des visites à domicile au niveau de quartiers volontaires. En Suisse, des solutions téléphoniques existent: la Main Tendue ou Pro Senectute offrent une oreille attentive aux personnes qui souhaitent parler. En 2018, le Royaume-Uni a même nommé un «ministre de la solitude» pour recréer des liens.

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