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«La Résurrection nous délivre de l’angoisse de la mort»

Olivier Fleury est pasteur et responsable du projet Jesus Celebration 2033. Olivier Fleury est pasteur et responsable du projet Jesus Celebration 2033.

Le pasteur vaudois Olivier Fleury s’engage depuis treize ans pour fédérer tous les chrétiens autour des 2000 ans de la Résurrection du Christ en 2033. Un message d’espérance urgent à rappeler en cette période d’angoisse causée par le virus.



Même au téléphone, on entend qu’Olivier Fleury est un homme souriant. Et hyperactif: quand on l’appelle pour lui demander s’il veut bien être l’invité de Pâques de l’Echo Magazine, le pasteur vaudois est en train de tourner un clip pour lever des fonds. Il veut distribuer à tous les ménages romands un journal sur la Résurrection.
Cette idée est devenue chez lui un leitmotiv. En 2007, alors qu’il est en année de formation à Sydney avec sa femme et ses deux fils, Olivier Fleury reçoit une intuition très forte dans la prière: le monde entier va se réunir en 2033 pour célébrer les 2000 ans de la Résurrection du Christ. Dans tous les pays, toutes les ethnies, toutes les langues, on la célébrera de sorte que personne sur Terre n’ignorera la bonne nouvelle du salut.
Voilà treize ans que ce père de famille a saisi son bâton de pèlerin pour rencontrer les responsables des Eglises de la planète avec un rêve: qu’en 2033, les chrétiens de toutes les confessions ne restent pas chacun chez soi, mais s’unissent pour fêter leur Seigneur.
Comment allez-vous dans cette période bizarre?
Olivier Fleury: – Physiquement très bien, merci. Mais nous vivons un temps étrange: c’est la première fois dans l’histoire de l’Eglise que, à large échelle, les chrétiens ne se réunissent plus. 185 pays touchés par l’épidémie, c’est sans précédent. La moitié de l’humanité est confinée.

Cet arrêt soudain des activités extérieures est-il une opportunité pour développer sa vie intérieure?
– Je n’en suis pas sûr tant qu’internet fonctionne! Netflix augmente de manière exponentielle, l’application de communication vidéo Zoom s’est envolée en bourse... Celui qui n’a pas envie de saisir cette occasion pour réfléchir sur sa vie peut encore se noyer dans un tas de distractions.
Par contre, le coronavirus nous révèle qu’on est bien peu de choses.
J’ai été témoin d’agressivité dans un supermarché: les gens ont peur. Ils ont peur de la mort. C’est une des plus grandes angoisses de nos vies, et pourtant, c’est notre seule certitude: nous allons mourir un jour. L’Eglise doit répondre à cette peur par un message d’espoir.

C’est le bon moment pour parler de la Résurrection?
– Oui, ce temps est une opportunité! Nous sommes en train de distribuer un tout-ménage, Quart d’heure pour l’essentiel, à tous les Romands. Il est axé sur l’épreuve, avec des articles consacrés à la résilience. Dans cette situation difficile, les Romands vont entendre parler de l’espérance en une vie future, et ça me réjouit! Beaucoup ne savent plus du tout de quoi il s’agit. Dans ces pages, nous publions un sondage qui montre qu’il y a un énorme déclin de la compréhension de la Résurrection ces dernières années en Suisse romande.

La Résurrection d’un homme il y a 2000 ans, même si elle est vraie, ça change quoi?
– Si Jésus était simplement mort sur une croix, ça n’aurait pas changé grand chose: des centaines de milliers de personnes sont mortes sur une croix. La différence, c’est qu’il a brisé les verrous de la mort et qu’il en est revenu vivant. C’est une espérance pour nous aussi.
Les apôtres n’étaient pas de grands théologiens. Ni des érudits! Leur message se résumait à: «Tu as entendu parler de Jésus? Il est ressuscité!». Regardez les disciples sur le chemin d’Emmaüs. Après la Passion, ils étaient déprimés, découragés, tout leur semblait fichu. Tout d’un coup, ils rencontrent Jésus, et qu’est-ce qu’ils font? Ils bravent tous les dangers et retournent en courant à Jérusalem, de nuit, pour aller dire aux autres: «Il est vivant!». Aujourd’hui 2,4 milliards de personnes y croient. En même temps, la Résurrection a été une immense source de persécutions, car elle est un affront à la logique: elle nous oblige à faire un pas dans la foi et à accepter une Révélation.

Comment comprenez-vous que Dieu permette que les célébrations de Pâques soient annulées à cause du coronavirus?
– Mais nous allons quand même célébrer cultes et messes! Nous serons obligés de le faire par internet. Ça nous décentrera du bâtiment et nous focalisera sur Jésus, sur son message. Et, chose incroyable, il y a en ce moment beaucoup plus de gens qui suivent les célébrations religieuses sur internet qu’il y en avait qui allaient à l’église. Le coronavirus est aussi, dans ce sens, une chance. La dernière fois que j’ai prêché, c’était pour l’Eglise protestante chinoise de Lausanne, dont le responsable est un chrétien de Wuhan, où a démarré l’épidémie! J’ai prêché de mon bureau, devant mon ordinateur; personne en face de moi. Les gens m’écoutaient de chez eux.

Ce n’est quand même pas très marrant d’être tout seul devant son écran!
– C’est vrai, on a besoin de se saluer, se prendre dans les bras,... Nous sommes des êtres physiques. Mais quand on n’est pas habitué à fréquenter une paroisse, on peut avoir peur du paraître ou de se faire embrigader. Par internet, si quelque chose nous gêne, en un clic on est loin! Ça permet à des gens qui n’osent pas s’approcher de nous de le faire.

Comment allez-vous fêter Pâques?
– J’avais prévu d’aller à la cathédrale de Genève pour participer à une aube de Pâques dans l’unité. C’est bien sûr annulé pour le public, mais ce sera retransmis par internet. Je pense que je suivrai ensuite par internet le culte de mon Eglise, l’Eglise pentecôtiste C3 à Lausanne. Voyez: si en 2033, un autre virus met le monde sous cloche, nous pourrons quand même célébrer Pâques grâce aux moyens technologiques! Dans treize ans, sans doute que le monde entier sera connecté.

Nous nous situons exactement entre votre intuition de 2007 à Sydney et Pâques 2033. Où en sont les préparatifs?
– La plupart des responsables d’Eglises, le pape François, l’archevêque anglican de Cantorbéry Justin Welby et le patriarche orthodoxe Bartholomée, sont au courant de cette initiative. Je suis allé rencontrer des gens dans 56 pays. Mais notre projet n’a pas le monopole de la Résurrection! Nous nous bornons à aiguillonner les institutions en leur demandant: qu’avez-vous prévu? La plupart du temps rien, car c’est encore trop tôt. Mais on leur demande: de quoi rêvez-vous même si l’organisation doit prendre plusieurs années? Dès qu’on travaille dans le domaine de l’unité, ça prend du temps, car il faut être en confiance.
L’Eglise catholique, par exemple, va organiser de grands évènements partout dans le monde. Elle l’a déjà fait en 1933 pour les 1900 ans de la Rédemption et en 2000 pour les 2000 ans de la naissance du Christ. La question, c’est: va-t-on pouvoir le faire ensemble, pour la première fois de l’histoire?
Pour moi, c’est un cri du cœur. Si vraiment catholiques, protestants, évangéliques et orthodoxes, nous croyons en Jésus, ne pouvons-nous pas célébrer ensemble l’œuvre magistrale de notre salut? Pas juste pour organiser une célébration religieuse. Ça, on sait faire, depuis 2000 ans! Mais pour que le monde entier sache que Jésus est ressuscité. Quand vous consulterez les chiffres de notre sondage, vous verrez qu’une grande partie des Romands n’a aucune idée de ce qu’est le christianisme. La seule image qu’ils en ont, c’est une église poussiéreuse et malodorante, une vieillerie! Alors qu’on y vit tellement de belles choses.

Quel accueil recevez-vous?
– Tout dépend des pays. Récemment, j’étais en Norvège: là-bas, l’entente est très bonne entre l’Eglise luthérienne, majoritaire, et les Eglises catholique et évangéliques. Elles ont l’habitude de collaborer. Quelques jours plus tôt, j’étais au Brésil. Je me suis entretenu avec des membres de mouvements spirituels en plein réveil, où il se passe des choses extraordinaires. Mais si vous leur dites que vous voulez travailler avec l’Eglise catholique, ils ouvrent de grands yeux et vous répondent: «Mais ils ne sont pas chrétiens, ils sont catholiques!». Et les catholiques vous disent: «Mais ils ne sont pas chrétiens, c’est une secte!».

Et les autres religions?
– Un responsable d’Eglise au Liban m’a demandé si on ne pourrait pas inviter des musulmans. J’ai répondu: «Bien sûr, tout le monde est invité!». Mais il voulait davantage: «Est-ce qu’on leur donnerait la parole?». Chaque pays doit répondre à cette question pour lui-même. Si dans une région, le dialogue interreligieux est plus avancé, c’est aux chrétiens de cette région de savoir comment être porteurs du Christ chez eux.

Vous avez rencontré le pape François. Comment cela s’est-il passé?
– Il était touché par le projet et par notre rencontre. Le moment le plus fort, c’est quand nous nous sommes quittés. Nous marchions le long d’un couloir et je lui ai glissé: «François, je voudrais vous dire qu’il y a beaucoup de non-catholiques comme moi qui prient pour vous». Il s’est arrêté, s’est tourné vers moi, m’a pris les mains, m’a attiré vers lui et m’a dit en me regardant bien en face avec des yeux embués: «Merci, Monsieur Fleury. J’ai besoin de prières parce que j’ai un travail très difficile».
Je n’avais pas l’impression de quitter le pape, le responsable de la plus grande institution du monde, mais un frère. Un homme qui souffre, qui prie, qui a ses limites, qui espère, qui va chercher sa force en Dieu. Ça ne veut pas dire que j’adhère à toute la théologie catholique! C’est comme à Noël: on n’est pas forcément d’accord avec la manière dont le cousin Fred éduque ses enfants, gère ses finances ou sa vie professionnelle, mais ce n’est pas la question! L’important, c’est qu’on est de la même famille et qu’on se retrouve.

Ce n’est pas commun pour un évangélique d’aller voir le pape et les patriarches orthodoxes!
– J’ai eu très tôt le goût de la rencontre avec les cours Alpha. J’ai été responsable du parcours pour la Suisse romande pendant treize ans et je l’ai lancé en France. J’ai très vite rencontré des catholiques et des réformés. Dans le corps du Christ, il y a plusieurs organes. Si l’un dit à l’autre: «Tu ne sers à rien, tu dois être comme moi», le corps serait vite difforme! La fonction d’un pied n’est pas celle d’un œil: il faut l’accepter.

Vous arrive-t-il de douter?
– Bien sûr. Le doute fait partie de la foi. Qui sommes-nous, petits êtres humains, pour prétendre recevoir une révélation de Dieu? Mais je n’ai aucun doute quant au fait que Dieu va faire des choses merveilleuses en 2033.

Et de la Résurrection?
– Ça non, jamais! Cela fait bientôt 35 ans que je suis devenu chrétien et je n’en ai jamais douté.

Vous n’avez pas toujours eu la foi?
– Non. Je viens d’une famille catholique non pratiquante. J’ai entendu parler de Jésus dans la rue à Genève quand j’avais 15 ans par une équipe de Jeunesse en Mission. J’ai trouvé ce message trop beau pour être vrai. J’ai quand même accepté qu’on prie pour moi, et j’ai vécu un baptême dans l’amour de Dieu, là, au Jardin anglais. Et j’ai reçu ce message: dis-le plus loin, que Jésus est vivant. C’est ce que je vais faire ces treize prochaines années!

Dieu dans le frigo


«J’ai suivi la formation théologique pour être pasteur, mais je n’ai jamais voulu officier dans une communauté, car j’en serais bien incapable. Je suis plutôt entreprenant, j’ai des tas de projets. Je ne suis pas salarié: cela va faire 23 ans qu’avec ma femme nous vivons de la Providence, c’est-à-dire de dons. Les premiers mois, nous avons vécu avec un soutien régulier de 250 francs. Avec un bébé à la maison! Dieu a toujours pourvu à nos besoins. Quand il le fallait, nous avons reçu de l’argent, un sac de nourriture, une voiture ou des vacances gratuites,... Il y a des moments où l’on a vidé le frigo, le congélateur et les placards avant de crier vers Dieu... qui a toujours fini par s’occuper de nous!»
CMC

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