Un débat essentiel

En cette année de la famille voulue par le pape François, nous sommes appelés à nous prononcer pour ou contre le «mariage pour tous» le 26 septembre. Le sujet divise et surtout, il interpelle. Pourquoi utiliser l’expression «mariage pour tous» alors qu’on parle ici d’union civile et de loi? Pourquoi avoir ajouté la procréation médicalement assistée (PMA) au texte initial? Pourquoi parler du droit à l’enfant et non des droits de l’enfant?

Pour le Conseil fédéral, ce projet constitue un pas important vers l’égalité. Mais, du côté du comité référendaire, on craint d’ouvrir une brèche sociale et politique en supprimant la notion historique de mariage, comprise comme l’union durable d’un homme et d’une femme.

Du côté des Eglises, les avis divergent, comme souvent sur ce genre de questions, notamment à cause de la PMA et des droits de l’enfant. Les fidèles ne partagent pas toujours les positions officielles. Le camp du oui serait même majoritaire aussi bien du côté catholique que du côté protestant. L’Echo Magazine, l’hebdomadaire chrétien des familles, a décidé de consacrer un important dossier à la question. En effet, cette votation nous donne l’occasion de réfléchir à l’évolution de la société et à toutes les formes de famille qui la composent. L’Echo apporte ainsi sa contribution à ce débat essentiel.

Qu’entend-on aujourd’hui par mariage? Le mot n’a pas la même valeur pour tous. «Le fait que le mariage suppose un homme et une femme est présent dans toutes les cultures, ce n’est pas forcément un héritage chrétien», rappelle Thierry Collaud, professeur de théologie morale à l’Université de Fribourg. Mais comment défendre aujourd’hui l’idée de cette conception du mariage sans passer pour un «réac» ou un chrétien coincé?

Un enfant ne peut pas avoir deux papas ou deux mamans. Sauf dans son coeur!La société a beaucoup évolué ces vingt-cinq dernières années. D’une part le mariage traditionnel s’est fragilisé – on ne compte plus les couples séparés ou divorcés – , d’autre part les couples homosexuels ont été reconnus socialement. Les familles arc-en-ciel sont une réalité. Pourtant, biologiquement, pour engendrer, jusque dans l’éprouvette, il faut toujours un homme et une femme. Un enfant ne peut pas avoir deux papas ou deux mamans. Sauf dans son coeur!

Si la loi donne un cadre et permet d’organiser la société, elle doit aussi protéger les plus faibles. Faut-il se conformer à l’air du temps? En tant que chrétiens, nous sommes appelés à défendre l’égale dignité de tous tout en préservant les fondamentaux anthropologiques qui nous structurent. La question qui nous est posée est moins simple qu’il n’y paraît. Notre vote, le 26 septembre, relève de notre seule conscience. Il est aussi un choix de société.

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