La première en chemin

L’Assomption? Qu’est-ce que c’est? Ça existe encore? Dans un monde en perte de repères religieux, Noël ou Pâques passe encore – au mieux, nous nous retrouvons en famille pour célébrer la naissance de Jésus et la Résurrection, avec des vacances à la clé –, mais l’Assomption… d’autant que cette fête tombe en plein été, synonyme de vacances.

Pour les Italiens, le 15 août, c’est Ferragosto, l’occasion de prendre quelques jours pour des sorties en famille ou entre amis à la mer ou à la montagne. Pour les écoliers, c’est le temps où profiter des derniers espaces de liberté avant la rentrée. Ainsi, l’Assomption ne rythme plus l’existence de beaucoup de nos contemporains, tout comme l’Epiphanie, l’Ascension ou la Pentecôte. Et pourtant, le 15 août, catholiques et orthodoxes célèbrent la mort, la résurrection, l’entrée au ciel et le couronnement de Marie. L’Assomption, c’est l’élévation de Marie corps et âme au ciel par Dieu: elle est «assumée» par lui, réunie à son Fils avant la résurrection finale. Elle anticipe notre condition à la fin des temps. L’Assomption est un dogme, «une doctrine dans laquelle l’Eglise propose de façon définitive une vérité révélée». Il est promulgué par le pape Pie XII dans la Constitution Munificentissimus Deus du 1er novembre 1950 qui officialise une fête mariale née à Jérusalem plusieurs siècles auparavant.

L’Assomption entretient en nous l’espérance tandis que nous peinons.La fête du 15 août pourrait remonter à la consécration par l’évêque Juvénal au 5e siècle d’une église dédiée à Marie à Kathisma (étape supposée de la Vierge entre Nazareth et Bethléem). Ou à la consécration, au siècle suivant, d’une église à Gethsémani, à côté de Jérusalem, où, selon certaines traditions, la Vierge a fini sa vie terrestre. Cette fête est étendue à l’Empire byzantin par l’empereur Maurice au 5e siècle sous le nom de Dormition. Dans l’Eglise de Rome, elle n’est célébrée qu’à partir de la fin du 7e siècle, probablement instaurée par le pape Serge 1er.

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L’Assomption, une affaire de papes… et la nôtre! Cette fête nous dit que Marie est «la première en chemin», celle qui «nous entraîne/ A risquer notre vie/Aux imprévus de Dieu», comme le dit un chant de la liturgie catholique. Si Marie marche avec nous, elle est aussi notre modèle: en elle nous contemplons ce que nous serons au terme de notre pèlerinage sur cette Terre. Ainsi, l’Assomption entretient en nous l’espérance tandis que nous peinons, freinés par les cailloux du chemin, tentés d’abandonner parfois.

Levons les yeux. Non pour contempler Marie au ciel, mais pour nous donner du coeur à l’ouvrage et reprendre force dans le maquis des difficultés. Alors, si noire que soit la nuit, si blessantes que soient les ronces, nous nous saurons accompagnés et attendus. C’est bien le sens de cette fête au beau milieu de l’été: nous avons une guide sûre sur les chemins de l’existence.

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