L’Allemagne se noie

Les pieds dans la boue, la dirigeante allemande Angela Merkel s’est rendue à Schuld, en Rhénanie-Palatinat. Elle a évoqué une «dévastation surréaliste». Les pieds dans la boue, la dirigeante allemande Angela Merkel s’est rendue à Schuld, en Rhénanie-Palatinat. Elle a évoqué une «dévastation surréaliste».

«Nous avons dû évacuer le camping où je passais mes vacances, vous pouvez donc envoyer à nouveau l’Echo à mon adresse habituelle, merci»: lundi 19 juillet, jour de bouclage de votre hebdomadaire préféré, un abonné qui avait dévié son courrier au Camping Yverdon Plage pour quelques semaines nous prévenait ainsi par téléphone. Son séjour au bord du lac de Neuchâtel, dont le niveau n’a jamais été mesuré si haut, a malheureusement dû être écourté suite aux intempéries de la semaine dernière: le voici obligé de retourner chez lui, à Delémont, plus vite que prévu!

Les dégâts causés par les crues en Suisse inquiètent. Et font peine à voir lorsque la détresse se lit dans les yeux des habitants dont le logement s’est retrouvé envahi par les flots. En Autriche également, où une vague de bois, de béton et de boue a tout emporté sur son passage en quelques minutes dans la vieille ville de Hallein, près de Salzbourg – heureusement là-aussi sans faire de victime.

«La langue allemande a du mal à trouver les mots pour décrire la dévastation causée.»Plus graves, les nouvelles venant de Belgique et d’Allemagne laissent sans voix. A l’heure où nous mettons sous presse, la région de Rhénanie-Palatinat, à la frontalière avec la Belgique, déplore à elle seule 117 des 165 morts recensés en Allemagne. C’est en Rhénanie-du-Nord-Westphalie, dans la région de Bonn où l’Ahr, cet affluent du Rhin, est devenue infernale, que se concentre la majorité des autres victimes germaniques. Côté belge, 32 des 36 décès ont eu lieu dans la province de Liège.

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Le bilan pourrait s’alourdir encore, des centaines de personnes étant toujours portées disparues. De passage dans le petit village dévasté de Schuld, près de Bonn, la chancelière Angela Merkel a confié que «la langue allemande a du mal à trouver les mots pour décrire la dévastation causée». Pour atténuer (en partie) la souffrance des citoyens les plus affectés par ce que certains considèrent comme «la pire catastrophe que le pays ait connu depuis la Seconde Guerre mondiale» – des milliers d’Allemands ont été privés d’électricité, d’eau potable et de moyen de communiquer –, une aide d’urgence de 300 millions de francs devrait être débloquée. Bientôt suivie d’un vaste programme de reconstruction de plusieurs milliards. Qui s’ajoutent aux 130 débloqués pour relancer l’économie laminée par une autre catastrophe, celle du coronavirus.

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