SOS Futures mamans: Pierre Monferini

Pierre Monferini a pris la direction de SOS Futures mamans dans un esprit d’écoute et de partage. Pierre Monferini a pris la direction de SOS Futures mamans dans un esprit d’écoute et de partage.

Ancien cadre supérieur chez Manor notamment, le directeur de l’association fribourgeoise SOS futures mamans, Pierre Monferini, est mû par une foi puissante et atypique. Portrait d’un catholique inspirant et inspiré.

Une expérience mystique est presque toujours un tournant radical dans une vie. C’est le cas de Pierre Monferini. « Je suis un enfant gâté du Seigneur!», répète-t-il comme une évidence au fil de l’entretien. «A 37 ans, il est venu me laver les yeux, les oreilles et la langue», confie le directeur de l’association SOS futures mamans. Ce souvenir est encore si ancré en lui qu’il semble en revivre physiquement des bribes devant nous tout en le racontant. C’était il y a vingt ans. A l’époque, le Fribourgeois avait déjà deux enfants et un curriculum vitae long comme le bras. Cadre chez Manor, il passait sa semaine dans une chambre à Bâle, loin des siens. C’était un peu comme une cellule de moine. «Je lisais la Bible et je priais beaucoup, le chapelet notamment. Quelque chose se préparait et je le pressentais…» Le 14 avril 2001, samedi de Pâques, il se rend dans un groupe de prière: il est saisi physiquement alors qu’il est agenouillé. «Les dix jours qui ont suivi, je ne touchais plus terre. Tout s’était ouvert d’un seul coup. Vous voyez et vous ressentez la réalité plus largement. C’est assez bouleversant. Depuis, je n’ai plus de doutes quant à l’existence de Dieu et sa présence vivante à mes côtés.»

PADRE PIO, LE RESPECT ET LA JUSTICE

«Mon grand-père maternel, maître d’école, l’a rencontré de son vivant. Il le priait beaucoup.» Pierre Monferini vient d’une famille catholique d’origine italienne expatriée à Bulle. Sa grand-mère maternelle était très croyante. Son père est avocat, sa mère institutrice. Aîné de six enfants, il a un tempérament indépendant. Le jeune garçon se familiarise avec des «valeurs fondamentales transmises par son éducation comme le respect et la justice». Il fait un apprentissage de cuisinier, puis se forme à l’Ecole hôtelière de Lausanne. «J’ai toujours aimé apprendre les choses depuis la base et cela m’a beaucoup aidé à être proche des gens une fois parvenu à des postes à responsabilité», constate-t-il. Le jeune homme ouvre le nouveau Buffet de la gare de Lucerne et l’hôtel Saint-Georges à Gruyères. Pierre poursuit son vieux rêve de gosse: prendre la mer. Il s’embarque six mois sur un bateau de croisière international comme chef de partie. «J’avais besoin de faire le point. J’avais commencé une relation amoureuse avec Marie-Antoinette, que je connaissais depuis mes 15 ans, quelques mois avant de partir. A mon retour, elle est venue me chercher à Nice et je l’ai demandée en mariage.»

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«QUATRE ENFANTS ET TROIS AU CIEL»

Le couple a «quatre enfants et trois qui sont au ciel» suite à de douloureuses fausses couches. Bérénice, l’aînée, âgée de 27 ans, souffre d’un retard mental. Suivent Guillaume, Eléonore et Nadège qui ont 24, 18 et 15 ans. Puis les Monferini affrontent les blessures du passé. Pour passer ce cap délicat, ils se rendent à Medjugorje, en Bosnie-Herzégovine – des apparitions mariale y auraient lieu depuis 1981. «On était comme sous une cloche à fromage, isolés des tiraillement du monde. C’est là que j’ai compris ce qu’était une grâce.» C’est là que commence le chemin qui conduira le Fribourgeois vers une expérience mystique. Il consulte le Père Nicolas Buttet et décide de faire un pèlerinage. Un chemin jalonné de «retraites de guérison» en silence basées sur les Exercices spirituels de saint Ignace. «Mon psychiatre et mon grand guérisseur, c’est Dieu», constate Pierre en souriant. Il accomplit ce chemin en compagnie de ses parents, aujourd’hui décédés. «On a pu se parler les yeux dans les yeux et se pardonner.» Et il fait des lectures fondatrices. Tout cela conforte Pierre dans son désir de «trouver sa mission d’homme à côté de son cahier des charges de directeur» de grand magasin. «J’ai souvent constaté que lorsqu’on commence par s’occuper des êtres humains, les résultats financiers suivent.»

 

ÉCOUTE ET COMPASSION

33A EM27En 2014, il prend la direction de SOS futures mamans alors que Manor lui propose une promotion. Son départ laisse une partie de sa hiérarchie médusée. «Je n’ai qu’un seul maître et il n’est pas de ce monde. J’ai besoin de sentir que c’est sa volonté quand je me lance dans quelque chose», commente-t-il. «Il m’a fallu cinq ans pour comprendre l’œuvre. En 2015-2016, j’ai vécu la pire période de ma vie: six mois de désert spirituel. Je me suis cramponné aux sacrements, mais j’avais l’impression d’être sec… Puis la grâce est revenue et aujourd’hui, je suis persuadé d’être dans ma mission.» Chez SOS futures mamans, la spiritualité a toute sa place, mais sans prosélytisme. Il accueille les mères en détresse, les écoute et puise dans son expérience «pour qu’elles puissent vivre la leur au plus près de leur intériorité profonde et avec la plus grande liberté de choix possible». «Mon but est d’entrer en compassion avec elles. De souffrir avec sans pleurer avec… Je me souviens d’une femme qui avait subi un avortement et qui exprimait son désir de garder le deuxième enfant qu’elle portait, confie-t-il en fermant les yeux. Je priais en l’écoutant. C’était douloureux, car je sentais qu’elle n’avait pas les ressources intérieures pour vivre son choix et prendre une décision contre vents et marées, et effectivement…»

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Laurent Grabet

 

Pour élever son enfant en toute dignité

SOS futures mamans a été fondé par Conrad Clément, en 1974. Au début, c’est essentiellement avec son épouse Chantal qu’il vient au secours de futures mamans esseulées. Ainsi naît le premier centre d’accueil à Ependes (FR), puis rapidement la première association. Son fondement est simple: «Tout mettre en œuvre pour permettre à la maman d’accueillir et d’élever son enfant en toute dignité». Aujourd’hui, l’association SOS futures mamans Fribourg, apolitique et non confessionnelle, est reconnue d’utilité publique. L’ouverture d’autres centres, puis la constitution de nouvelles associations se sont faites progressivement. Actuellement, l’association SOS futures mamans fonctionne grâce à des bénévoles et des donateurs. Elle compte 23 centres coordonnés par 15 associations. Une association faîtière coordonne les activités. Quant à la fondation, elle soutient les associations et procure un cadre juridique et financier à l’ensemble du mouvement. En mars, SOS futures mamans a cosigné le Manifeste pour la dignité dans le canton de Fribourg (www.dignite-fribourg.ch), une initiative née de la crise de la Covid-19.

Site internet: www.sosfuturesmamans.org

 

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