Extraordinaire comment?

«Avant, nos enfants étaient rêveurs, dans la lune, turbulents... Aujourd’hui, ils sont hyperactifs, dyspraxiques, dyscalculiques, dysorthographiques quand ils n’ont pas un trouble du comportement ou un trouble psy plus grave», constatent, dans l’ouvrage Nos enfants sous microscope, le psychothérapeute Alessandro Elia et la psychopraticienne Emmanuelle Piquet.

Alors que l’école et la société travaillent à mieux accepter et inclure la différence, toutes deux ont recours à de plus en plus de catégories – et d’abréviations – pour classifier la diversité humaine. Ainsi, depuis deux décennies, le nombre d’enfants étiquetés TDA/H, dys ou HP explose.

A tel point que sans forcément mettre en doute la réalité et le bien-fondé de ces diagnostics, on peut se demander pourquoi la frontière qui sépare un trait de caractère d’un trouble documenté cliniquement semble s’être déplacée. Notre tendance à la catégorisation démontre-t-elle vraiment une plus grande ouverture à la différence ou une sensibilité plus grande envers tout ce qui s’éloigne de la norme? Et ouvre-t-elle la porte à une meilleure acceptation de la différence ou à sa stigmatisation?

Du point de vue des adultes, ces diagnostics permettent de mieux comprendre le fonctionnement de l’enfant, d’adapter l’enseignement, de l’accompagner dans ses difficultés, scolaires principalement, de l’aider à s’épanouir... voire de lui proposer un traitement médicamenteux. Et du point de vue de l’enfant? S’il peut être rassurant et déculpabilisant de comprendre l’origine de ses difficultés, il n’est jamais agréable d’être catalogué «différent des autres», surtout pour traverser ces longues années d’école parmi des camarades plus ou moins bienveillants.

En outre, il vaut la peine de questionner l’influence que peuvent avoir ces dénominations sur la construction identitaire de l’enfant. Son fils est plus que son diagnostic d’autisme. Il est lui-même, et chéri par ses parents.La tentation de coller à son étiquette est grande au risque d’oublier qu’on n’est pas que dyslexique ou hyperactif, mais aussi drôle, agile, intelligent, éloquent, passionné, plein de vie,...

Sur un site dédié à l’autisme, une mère raconte comment, après le diagnostic de son fils de trois ans, elle bombardait la spécialiste de ses questions et de ses inquiétudes sur les procédures à suivre. Celle-ci lui a finalement lancé: «N’oubliez pas d’aimer simplement votre enfant». La maman en a éprouvé un soulagement immédiat. Parce que son fils est bien plus que son diagnostic d’autisme. Il est lui-même, et chéri par ses parents.

NEWSLETTER

Inscrivez-vous à la newsletter de l'Echo et recevez
nos contenus et promotions en exclusivité!



Un enfant ne se réduit ni à sa dyslexie ni à son hyperactivité, encore moins à ses résultats scolaires. Certaines particularités sont pointées du doigt, d’autres pas. Mais ne perdons pas de vue que tous les enfants sont extraordinaires, les uns autant que les autres.

Articles en relation


Le numérique sans écrans

Les cantons romands s’apprêtent à introduire l’éducation numérique dès l’âge de quatre ans. Dans les petites classes, le canton de Vaud a opté pour une méthode débranchée qui rencontre une large adhésion.


Education: Enseignement différencié

Depuis la rentrée, l’Ecole catholique du Chablais mise sur un enseignement différencié pour se démarquer. Reportage dans cette institution fondée à la fin du 19e siècle qui opère à son tour un virage vers le numérique.


Faire vivre les langues

Les politiciens fribourgeois veulent relier les langues pour mieux les délier, et inversement. Ils ne sont de loin pas les seuls à poursuivre ce but: enseignants et autorités cherchent à rendre l’apprentissage des langues plus efficace et plus vivant.

NEWSLETTER

Inscrivez-vous à la newsletter de l'Echo et recevez
nos contenus et promotions en exclusivité!



concours echo

 

 

voyage alpes home