Chine: au service du régime

La Chine connaît sa plus faible croissance démographique depuis dix ans. L’âge moyen des Chinois (38,8 ans) a dépassé celui des Américains (38 ans). La Chine connaît sa plus faible croissance démographique depuis dix ans. L’âge moyen des Chinois (38,8 ans) a dépassé celui des Américains (38 ans).

De 1979 à 2016, la Chine a interdit aux familles d’avoir plus d’un enfant pour éviter la surpopulation. En manque de bras pour financer les retraites, elle leur en demande aujourd’hui trois.

TROIS ENFANTS?

Le 31 mai, Pékin a annoncé qu’elle autorise les familles chinoises à avoir trois enfants. Cette décision intervient cinq ans après la fin de la politique de l’enfant unique. Alors que l’Etat le plus peuplé au monde (1,4 des 7,7 milliards d’âmes que compte la planète sont chinoises) a durant trois décennies et demi, marquées par des avortements et des stérilisations forcées, pénalisé les parents de plus d’un enfant, il les encourage désormais à avoir trois enfants.

POURQUOI?

Au pays de la propagande de Xi Jinping, les statistiques ne sont pas reconnues pour leur fiabilité. Mais personne ne peut nier que la Chine vieillit. Le Parti communiste chinois (PCC), qui voit en chaque bébé un nouveau travailleur et consommateur garant d’une croissance susceptible de mener l’Empire du milieu vers la félicité économique, s’en inquiète. En 2013, le PCC a procédé à un premier assouplissement en autorisant les Chinois à avoir deux enfants si l’un des deux parents était lui-même enfant unique. Visant à enrayer le vieillissement de la population, cette mesure cherchait aussi à corriger l’inquiétant déséquilibre hommes-femmes provoqué par le contrôle des naissances – la plupart des familles désirant un garçon plutôt qu’une fille.

RECENSEMENT EN CAUSE?

La décision du 31 mai a été prise suite au recensement national qui a lieu tous les dix ans, mais dont la publication a été retardée. Celui-ci montre que la population vieillit plus vite que prévu. Le taux de fertilité, tombé à 1,3 enfant par femme, se rapproche de celui des nations européennes; et les personnes de 60 ans et plus représentent désormais 13,5% de la population. Si ce chiffre reste pour le moment éloigné des 18,7% recensés en Suisse, il devrait atteindre 30% en 2050. Alors que son système de retraite est encore en construction et que le pouvoir d’achat de millions de citoyens reste faible, la Chine se retrouve déjà confrontée à des problèmes de pays riches!

TROP CHER?

Les jeunes citadins qui peinent à gérer leur carrière et à payer leur loyer hésitent à avoir ne serait-ce qu’un enfant. Quant aux parents, rien ne dit qu’ils pourront profiter de l’autorisation d’en avoir trois. L’éducation en Chine, où le nombre de divorces explose et les mariages chutent, est onéreuse. Malgré les promesses du régime, le niveau des dépenses publiques pour la garde d’enfants est extrêmement bas, pour ne pas dire inexistant.

ET LES ÉTRANGERS?

En Europe, le déficit démographique est pallié par l’immigration. La Chine, qui reste fermée aux étrangers, ne peut pas compter sur cet apport. En dix ans, leur nombre a chuté de 40% à Pékin et de 25% à Shangai. Inquiète des conséquences de la diminution de la population active sur l’économie, le Parlement a voté en mars un projet de relèvement progressif de l’âge de départ à la retraite (actuellement 60 ans pour les hommes et 55 ans pour les femmes), qui n’avait pas changé depuis quarante ans.

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