Eglise: Réformer les structures

Mgr Morerod a nommé un diacre et deux laïcs, dont une femme, pour succéder aux vicaires épiscopaux comme ses représentants pour les nouvelles régions diocésaines de Fribourg (partie francophone), Vaud et Neuchâtel. Une première. Mgr Morerod a nommé un diacre et deux laïcs, dont une femme, pour succéder aux vicaires épiscopaux comme ses représentants pour les nouvelles régions diocésaines de Fribourg (partie francophone), Vaud et Neuchâtel. Une première.

Mgr Morerod a nommé un diacre et deux laïcs, dont une femme, pour succéder aux vicaires épiscopaux comme ses représentants pour les nouvelles régions diocésaines de Fribourg (partie francophone), Vaud et Neuchâtel. Une première.

Exit les vicaires épiscopaux et les vicariats – sauf à Genève, où l’abbé Pascal Desthieux reste en poste jusqu’à la fin de son mandat, dans un an: dès septembre et pour cinq ans, des laïcs et un diacre les remplaceront à la tête des nouvelles régions diocésaines de Fribourg (partie francophone), Vaud et Neuchâtel. Un profond remaniement des structures du diocèse de Lausanne, Genève et Fribourg qui a des allures de petite révolution. Mais qui plonge ses racines dans une réflexion longuement mûrie.

11A EM22«Cette réforme était en préparation depuis pas mal de temps», indique l’évêque, Mgr Charles Morerod, qui constate dans la situation religieuse des changements dont l’Eglise doit tenir compte. D’autres mesures suivront lorsqu’il aura pu réellement lancer le processus synodal qu’il projette depuis 2019, processus entravé par la crise sanitaire.

En attendant, la pandémie accélérant certaines réflexions, il nomme des «représentants de l’évêque» qui s’occuperont notamment des liens avec l’Etat et les autres religions et de préparer les nominations. Ils reprennent une partie des tâches des vicaires qui disparaissent, et avec eux les vicariats, le nom de la zone étant lié à la fonction.

PLACE AUX LAÏCS

La création des régions diocésaines a un impact tant sur les prêtres que sur les laïcs. Les premiers sont rendus à leurs tâches pastorales. «On m’a interpellé sur le fait de prendre de bons curés pour en faire des vicaires épiscopaux », relève Mgr Morerod qui fait également état de frustrations de prêtres éloignés de leur ministère par des tâches administratives.

11B EM22Actuel vicaire épiscopal pour le canton de Fribourg, l’abbé Jean Glasson se dit aussi heureux des quatre ans vécus dans cette mission que de retourner en paroisse, à Vevey. «Le ministère de vicaire a aussi une dimension pastorale. J’accompagne des groupes, des couples, je célèbre des baptêmes, explique le Gruérien. Mais il me manque l’enracinement dans une communauté.»

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L’administration et l’organisation reviendront ainsi à des laïcs. «Il s’agit de leur donner des responsabilités là où c’est possible», assure l’évêque. «Nos expériences de vie et nos formations ne sont pas celles des prêtres.»D’autant que certains connaissent très bien l’Eglise, comme Céline Ruffieux, référente du pôle Enseignement religieux dans les cycles d’orientation du canton de Fribourg. Elle représentera l’évêque dans la partie francophone de ce canton. «Nos expériences de vie et nos formations ne sont pas celles des prêtres. On gagne des compétences différentes», se félicite cette enseignante et psychologue. Qui est aussi mariée et maman de cinq enfants. «Cela dit quelque chose d’autre que de nommer des femmes consacrées, ajoute-t-elle. Les femmes qui ont fait le choix de la vocation du mariage et de la maternité sont très ancrées dans le quotidien du monde, qui a aussi sa place en Eglise.»

TRANSVERSALITÉ ET PÔLES

La présence de laïcs à ce niveau de responsabilité permettra-t-elle de prévenir le cléricalisme dénoncé par le pape François? «Le cléricalisme, c’est une posture prise en position de pouvoir, rappelle l’agente pastorale. Les laïcs ne sont pas à l’abri. On doit systématiquement se questionner: est-on au service de la communauté ou joue-t-on de notre statut et fait-on preuve d’autoritarisme?».

Un point central de cette réforme, c’est la transversalité. La nouvelle structure doit encourager le dialogue entre les différentes régions diocésaines.

«On part du principe que la situation est différente dans chaque canton, constate l’évêque en pensant notamment à la catéchèse. Mais beaucoup de questions sont communes. Connaître les réponses des autres permet d’économiser des forces et d’obtenir de meilleurs résultats.» Il cite encore la communication durant la période de crise avec des préoccupations communes, mais des réalités et des mesures différentes selon les cantons. «On va vers plus d’aide mutuelle », remarque-t-il, soulignant qu’il s’agit aussi de «faire sur place ce qui paraît juste sur place.»

Ces changements dans le fonctionnement du diocèse n’ont d’autre but que de permettre aux fidèles de «vivre leur relation avec Dieu dans une communauté chrétienne vivante là où ils sont». «Nous sommes au service de cette possibilité», insiste Mgr Morerod qui demande à ses futurs représentants laïcs comme à ses prêtres de favoriser le développement de pôles régionaux.

Ce sera la mission de Jean Glasson, futur prêtre modérateur de Vevey. «Il faut s’assurer que l’Eglise puisse développer ses quatre missions de façon pleine et entière: annonce de l’Evangile, liturgie, diaconie – ou solidarité – et fraternité». Il s’agit de réunir les croyants «sans pour autant tout centraliser et arrêter ce qui se fait ailleurs».Mais l’abbé se résout à parler de «masse critique»: «Les villages n’ont plus une population assez importante pour qu’on y trouve suffisamment de personnes-ressources et tous les charismes et compétences nécessaires », dit-il avant d’évoquer ces jeunes prêts à se déplacer vers un endroit nourrissant. Vers des «lieux phares où les gens savent qu’ils auront une belle liturgie, des confessions, une adoration». «L’idée n’est pas de faire du chiffre, précise Céline Ruffieux. Ce qui montre l’attractivité d’un pôle, c’est la joie qu’ont les gens à y venir. Il en existe déjà, qu’il faut renforcer. Et l’activité pastorale doit être attractive pour ceux qui y participent comme pour ceux qui la proposent.»

La discussion sur ces pôles, le nombre de paroisses et les autres possibilités de se réunir telles que les liturgies de la parole n’est pas close. Elle est partie intégrante de la réflexion engagée par l’évêque qui répète qu’il est nécessaire «d’anticiper un peu les changements en cours».

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CONFIANCE EN L’ESPRIT

Des changements toutefois difficiles à appréhender. La réforme des structures ne va pas sans incertitudes. Quel sera le rôle exact des représentants laïcs? «Il n’y a pas de cahier des charges complet, reconnaît Mgr Morerod. On ne peut tout faire ‘comme avant’, mais je ne sais pas où le Saint-Esprit va nous guider. Je leur ai demandé de faire avec moi un saut dans la foi.»

Après quelques jours de discernement et de prière, Céline Ruffieux l’a suivi dans cet «inconnu qui n’en est pas totalement un: on est croyants, l’Esprit Saint est avec nous, on compte sur lui».

L’annonce de la transformation des vicariats en régions diocésaines est intervenue au surlendemain de la Pentecôte. Un moment opportun, sourit l’abbé Glasson. Pour qui «il ne faut pas manquer de s’y mettre, même si tout n’est pas clair sur le papier. Comme les apôtres qui sont partis dans le monde entier avec le feu de l’Esprit Saint qui brûlait leurs coeurs».

 

Pas de changement à Genève

Remplacer des vicaires épiscopaux par des laïcs n’est pas tout à fait nouveau. Depuis l’an dernier, la partie germanophone du canton de Fribourg est confiée à la déléguée épiscopale Marianne Pohl- Henzen, longtemps catéchiste et assistante pastorale, puis adjointe du vicaire. Ce mouvement ne touche pas Genève pour l’instant. Le changement aura lieu dans une année, au terme du mandat de l’abbé Pascal Desthieux. L’évêque l’a entendu, lorsqu’il a dit terminer volontiers sa période de cinq ans. Pour que le changement se fasse progressivement et pour permettre une transition en douceur. «Cela me semble aussi plus cohérent avec la présidence de la Conférence des ordinaires romands, que j’assume jusqu’en 2022», ajoute l’abbé Desthieux. Il pourra ainsi préparer la première messe catholique à la cathédrale Saint-Pierre depuis 1536, initialement prévue l’année dernière, mais reportée à l’an prochain pandémie oblige. Et accompagner différents projets portés avec ses adjoints comme une formation et un accompagnement pour les nouveaux curés modérateurs. «Mais pas de grands chantiers qui impliquent l’avenir, nuance-t-il. J’aurais des idées de pôles régionaux, mais ce n’est pas à moi de les lancer puisque d’autres les réaliseront.»

JeF

  

Les nouveaux responsables

12A EM22Outre Céline Ruffieux à Fribourg, l’évêque a nommé Romuald Babey, de Fleurier, pour le représenter à Neuchâtel. Premier diacre catholique neuchâtelois, ordonné en 2014, il est aussi agent pastoral et enseignant. L’actuel vicaire épiscopal, l’abbé Pietro Guerini, retrouvera son diocèse d’origine, Bergame, en Italie. Dans le canton de Vaud, c’est l’adjoint du vicaire qui représentera l’évêque. Michel Racloz, de Renens, a été aumônier et responsable du département Solidarités de l’Eglise vaudoise.12B EM22 Le vicaire, l’abbé Christophe Godel, est nommé curé modérateur à La Chaux-de-Fonds. L’évêque a également désigné un nouveau vicaire général: l’abbé Bernard Sonney. En poste dans le Grand-Vevey, il appuiera Mgr Alain de Raemy qui se voit confier le suivi des prêtres du diocèse. Autre nouveauté: l’évêché se dote d’un secrétaire général. La charge est confiée à Xavier Hemmer, aujourd’hui secrétaire régional du syndicat Syna Fribourg-Neuchâtel, diplômé en philosophie et en théologie. «Nous avons là quelqu’un qui connaît la vie de l’Eglise et qui a 12C EM22des connaissances utiles en matière juridique et de gestion du personnel», se réjouit Mgr Morerod. Enfin, Soeur Marie-Emmanuelle Minot est nommée représentante de l’évêque pour la vie consacrée. Supérieure générale des soeurs Hospitalières de Fribourg de 2008 à 2020, elle sera responsable des liens avec les communautés religieuses et charismatiques et avec les instituts séculiers.

JeF

 

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