La vraie révolution

Les nominations annoncées dans le diocèse de Lausanne, Genève et Fribourg – deux laïcs, dont une femme, et un diacre permanent pour représenter l’évêque dans trois régions diocésaines – ont un parfum de révolution.

Léger! Car si installer des laïcs à des postes traditionnellement dévolus à des prêtres est nouveau, cette décision s’inscrit dans une réflexion menée depuis plusieurs années par Mgr Morerod et son conseil: créer, dans l’ensemble du diocèse, des pôles régionaux rassemblant les fidèles pour des liturgies vivantes et joyeuses – c’était le thème de sa lettre pastorale de 2015 Venez et voyez. Et encourager les synergies entre les régions sur les questions communes – catéchèse, pastorale de la jeunesse, formation, santé, solidarité ou communication.

Les structures changent pour s’adapter à la réalité locale. Des laïcs compétents qui connaissent le terrain succèderont à des prêtres tiraillés entre tâches administratives et tâches pastorales. Ceux-ci vont rejoindre les paroisses pour vivre le coeur de leur vocation: dispenser les sacrements et accompagner les fidèles. Les bonnes personnes aux bons endroits au bon moment.D’autant que les prêtres se font rares! Il est urgent de restructurer pour mieux répartir les forces et redynamiser les paroisses. Les bonnes personnes aux bons endroits au bon moment.

Un processus est enclenché, tout n’est pas fixé. Le cahier des charges des nouveaux collaborateurs n’est pas ficelé: l’évêque leur demande «un saut dans la foi», car il va falloir inventer, s’aventurer sur de nouveaux chemins pour bâtir une Eglise de proximité au service de croyants moins nombreux, une Eglise qui donne envie de se retrouver pour célébrer ensemble.

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Les nouveaux devront gérer les questions administratives, mais aussi coordonner les initiatives pastorales et défendre les décisions de l’évêque. Les résistances sont nombreuses, Marianne Pohl-Henzen, nommée l’an dernier déléguée épiscopale pour la partie germanophone du canton de Fribourg, le sait: «On commence à me respecter dans les différentes instances, mais ma tâche est difficile, témoignait-elle fin mai lors d’une visioconférence organisée par le Centre Sainte-Ursule à Fribourg. Le défi? Travailler ensemble dans le respect mutuel. Beaucoup ne sont pas prêts».

Pourquoi ces nominations? Pour anticiper les changements, dit l’évêque. Le plus préoccupant, c’est la raréfaction des prêtres. Sans eux pas d’eucharistie, donc pas de communauté rassemblée autour du Seigneur. Pas d’Eglise. L’évêque le sait: alors, pour pallier le manque, il décharge les prêtres des tâches administratives et crée des pôles. Accordant, avec raison, sa confiance à des laïcs formés et compétents. Mais le jour où le manque de prêtres sera criant, il faudra bien empoigner la question des ministères. Et s’interroger sur le modèle ecclésial actuel. Là est la vraie révolution.

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