Prière des Mères

Christine Delalande (à gauche) et Monica Tripod sont convaincues que «l’amour des mamans transforme le monde». Christine Delalande (à gauche) et Monica Tripod sont convaincues que «l’amour des mamans transforme le monde».

Des chrétiennes de tous milieux et horizons se réunissent chaque semaine pour prier pour les enfants. Née en Angleterre il y a 25 ans, la Prière des Mères suit une méthode inspirée à sa fondatrice. Rencontre à Genève avec deux membres du mouvement.

Christine Delalande et Monica Tripod disposent sur une table basse du salon un panier, une croix, une bougie, une Bible. «Ces objets sont présents à chaque prière qui dure une heure», indique Christine, coordinatrice de la Prière des Mères à Genève depuis quatre ans et qui accueille chez elle un groupe de six femmes. «Sur ces ronds en papier, chaque participante écrit le prénom de ses enfants et petits-enfants. Ils seront déposés dans le panier à la fin de la dernière prière», complète Monica, membre du groupe depuis cinq ans et mère de quatre enfants. «Le rond symbolise l’amour infini de Dieu pour nous et nos enfants.» Ces éléments font partie d’une prière née en 1995 dans le coeur d’une grand-mère anglaise, Veronica Williams (voir encadré). Animée du désir de remettre à Dieu les difficultés et dangers rencontrés par les jeunes, elle reçoit une inspiration lors d’une retraite. Il en naîtra un livret pour guider ce rendez-vous avec Jésus: une trentaine de pages avec neuf oraisons – pardon, demande d’unité, louange ou encore lecture de la Bible.

L’ESPRIT SAINT COMME GUIDE

33A EM21Le moment le plus important est l’abandon, lorsque les prénoms des enfants sont déposés dans le panier: «C’est un acte d’humilité et de lâcher prise. Le Seigneur sait mieux que nous ce dont nos enfants ont besoin alors que nous voulons souvent tout contrôler. Cela m’a appris à déculpabiliser », partage Christine, mère de quatre enfants et grand-mère de dix petits-enfants à 61 ans. La Prière des Mères repose sur deux règles: la confidentialité et le fait de s’abstenir de donner des conseils. «Nous nous tournons ensemble vers l’Esprit Saint: c’est lui notre guide. Nous lui demandons de venir nous habiter, nous consoler, nous simplifier. C’est lui qui nous unit dans la prière», explique la coordinatrice et ancienne enseignante. C’est libérateur: je ne suis pas chargée de porter le fardeau d’une autre mère.» «Ce n’est pas le café de la semaine entre copines ni le lieu d’un partage de ce que l’on vit en privé, explique Monica, 50 ans, ancienne employée de banque. Au-delà des possibles amitiés, les femmes sont là pour confier leurs enfants à Jésus.»

SE LAISSER PÉTRIR

Chaque semaine, les neuf prières sont répétées fidèlement pour «réanimer la confiance» et se remettre dans une attitude de lâcher-prise. Si certains principes sont identiques dans tous les groupes (deux à huit participantes réunies généralement chez l’une d’entre elles), chacune apporte sa touche personnelle en introduisant des chants ou de la musique, par exemple. Chez Christine, un cahier permet de déposer ses intentions de prière et de «vider son sac et son coeur». Même si les mères n’ont pas attendu cette forme de prière pour confier leurs enfants à Jésus, les deux participantes voient dans l’intuition de Veronica Williams «un cadeau pour notre temps». Les groupes se forment souvent grâce au bouche-à-oreille. «La première fois que j’y ai pris part, j’y ai trouvé beaucoup de bienveillance et d’amour. Je me suis sentie portée par la prière commune. Cela m’a aidé à changer le regard que je pose sur les situations difficiles», raconte Monica. Les fruits rapportés au sein des groupes sont nombreux: retour d’enfants à la foi, réconciliations, abandon d’addictions, amélioration d’états de santé, etc. Pour Christine, cet effort de fidélité hebdomadaire agit en elle «à petits pas»: «Cela participe de ma conversion à l’amour. Comme un pain, je suis pétrie (rires)».

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SENSIBILITÉS DIFFÉRENTES

Chaque femme a un coeur de mère, qu’elle ait des enfants ou non.Les adhérentes sont des femmes de tous âges, mères biologiques ou non, avec cette conviction: chaque femme a un coeur demère et porte en elle le don de la maternité, qu’elle ait des enfants ou non. Ainsi, des religieuses y participent. Mais pas les hommes. «Père et mère ont des sensibilités différentes vis-à-vis de leurs enfants. Il y a d’autres groupes qui réunissent les couples», relève Monica. La Prière des Pères a démarré en Angleterre en 2004 et il existe quelques groupes en Suisse. «De la même manière que les femmes peuvent trouver difficile d’étaler leurs sentiments en présence d’hommes, certains disent prier différemment lorsqu’ils sont entre eux, sans inhibition », peut-on lire dans un document de ce mouvement oecuménique. Se retrouver pour sentir l’unité étant essentiel, la Covid-19 leur a causé un choc. Certains groupes se sont arrêtés, d’autres ont continué en usant de moyens de communication ou en se retrouvant régulièrement en union de prière. Cette épreuve a aussi fait bouger: la coordinatrice pour Neuchâtel a proposé de se rendre au Ranft pour prier saint Nicolas et Dorothée – depuis la pandémie, un cierge électrique y brûle en continu pour la protection des groupes en Suisse. Ce premier pèlerinage ouvert à toutes aura lieu les 26 et 27 juin. Après 26 ans d’existence, la Prière des Mères continue de se laisser guider par l’Esprit. 

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Mouvement oecuménique

Présente dans 120 pays sur les cinq continents, la Prière des Mères naît en Angleterre en 1995 de l’intuition d’une laïque chrétienne, Veronica Williams. Issue d’une famille catholique, elle est membre du mouvement charismatique Maranatha. A l’époque, celui-ci rédige à l’intention des autorités politiques une brochure sur les dangers auxquels les enfants sont exposés. Cette grand-mère anglaise est convaincue que face à ces maux le remède se trouve dans la prière.

UNITÉ ET FIDÉLITÉ

Aux origines de la Prière des Mères, ce passage biblique: «Ainsi parle le Seigneur: Assez! Plus de voix plaintive, plus de larmes dans les yeux! Ton labeur reçoit sa récompense! Tes enfants reviennent des pays ennemis. Ton avenir est plein d’espérance. Ils reviennent dans leur patrie» (Jérémie 31,16). Le mouvement, oecuménique, est reconnu par Rome et le Conseil oecuménique des Eglises. Dans chaque pays, des coordinatrices formées veillent au maintien de l’unité entre les groupes et à la fidélité à la vision de la fondatrice. Des prêtres et des pasteurs les accompagnent dans cette tâche. Genève compte environ 25 groupes, la Suisse 130.

PrC

Site internet: www.prieredesmeres.com.

Contact: Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

 

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