Chirurgie fast track

Le rétablissement d’un patient est directement lié à la taille des incisions. La chirurgie fast track cherche à être le moins invasive possible. Le rétablissement d’un patient est directement lié à la taille des incisions. La chirurgie fast track cherche à être le moins invasive possible.

La chirurgie fast track facilite la récupération en optimisant la prise en charge. Une dizaine d’hôpitaux l’ont adoptée en Suisse depuis son introduction en 2011. Les patients gagnent du temps et c’est moins cher.

Si la première chose qui vous vient à l’esprit en entendant parler de chirurgie fast track, c’est l’image d’un fast-food, quelques éclaircissements s’imposent. Cette expression anglo-saxonne désigne un protocole chirurgical qui permet de réduire de 30% à 50% la durée des séjours hospitaliers. Il a été introduit en Suisse en 2011. Dans une étude publiée par le British Journal of Surgery, le Journal britannique de chirurgie, une équipe du Centre hospitalier universitaire vaudois (CHUV) confirme qu’en appliquant cette méthodologie, un patient opéré du côlon peut rentrer chez lui au bout de trois à cinq jours au lieu d’une dizaine avec une prise en charge traditionnelle. D’où des économies estimées à 1981 francs par intervention, en moyenne. Au niveau du CHUV, cela représente 350’000 francs par an.

POLYPOSES ET DIVERTICULITES

Ces chiffres s’expliquent par le raccourcissement des séjours hospitaliers, la réduction des risques de complications postopératoires et une tendance à la baisse des réadmissions. Les patients récupèrent mieux et plus rapidement et leur survie à long terme s’en trouve améliorée. La chirurgie fast track est actuellement utilisée pour un grand nombre de types de chirurgies: colorectale, gastrique, pancréatique, orthopédique, neurochirurgicale, cardio-vasculaire, thoracique, urologique, gynécologique, etc. Parmi les indications précises, on peut citer les pathologies coliques comme les diverticulites et les polyposes ou les maladies inflammatoires chroniques.

CHIRURGIE MINI-INVASIVE

Pour certains experts, il s’agit «probablement de l’une des principales avancées chirurgicales de ces dernières années». En Suisse, une dizaine d’hôpitaux cantonaux ou régionaux l’ont adoptée à partir de 2011 dans le sillage des centres universitaires. C’est devenu un standard pour la prise en charge des patients chirurgicaux. Elle s’inscrit dans une tendance générale à l’optimisation des soins.

Le développement de la médecine ambulatoire et de la chirurgie mini-invasive témoigne de cette évolution. Par exemple, pour remplacer une valve cardiaque, on utilise aujourd’hui un cathéter, un long tube flexible que l’on introduit dans l’artère fémorale pour acheminer la prothèse jusqu’au coeur où elle est implantée par téléguidage. Les patients très âgés et affaiblis qui ne supporteraient pas une intervention à coeur ouvert peuvent maintenant être opérés.

Mais le retour rapide des patients à la maison n’est pas un but en soi, affirment avec une belle unanimité les spécialistes interrogés. D’ailleurs, pour éviter un rapprochement avec le terme fast-food, ils préfèrent parler de «récupération rapide après chirurgie» (enhanced recovery after surgery, ERAS en anglais). Le but est de diminuer les douleurs postopératoires et les perturbations induites par le stress de l’opération.

Il s’agit donc de faciliter le rétablissement et le confort des patients pour diminuer les risques de complications et donc la durée de leur séjour. Fini le temps où le patient jeûnait avant l’opération, se réveillait avec une sonde gastrique et une sonde vésicale et devait attendre un ou deux jours avant que ses intestins ne se remettent à travailler pour pouvoir recommencer à manger normalement.

COUVERTURES CHAUFFANTES

La chirurgie fast track comprend une vingtaine de mesures pragmatiques. Par exemple: une discussion préalable avec le patient pour qu’il ne subisse pas passivement sa prise en charge, une anesthésie dosée au plus juste et, plus simplement, des couvertures chauffantes en salle d’opération pour stabiliser sa température corporelle! Les mesures les plus importantes sont le contrôle optimal de la douleur postopératoire, le recours limité aux drains, sondes et perfusions, une chirurgie très peu invasive et une réalimentation et une mobilisation précoces. La chirurgie mini-invasive est toujours privilégiée, car il a été démontré que le rétablissement était directement lié à la taille des incisions. Le retrait de la sonde naso-gastrique en fin d’intervention contribue également à une rapide remise sur pied, ainsi qu’à la prévention d’éventuelles complications broncho-pulmonaires.

REMARCHER DÈS QUE POSSIBLE

De plus, le retrait de la sonde urinaire est effectué idéalement avant le réveil afin de limiter le risque d’infection et de permettre au patient de regagner sa mobilité plus vite. Ce dernier est encouragé à se lever et à remarcher dès que possible; cela peut commencer quelques heures après l’intervention. Cette remobilisation permet de contrer la fonte musculaire et de stimuler l’oxygénation des tissus ainsi que les fonctions cardio-pulmonaires tout en réduisant les risques de complications. Chaque acte médical est réfléchi dans la perspective d’un rétablissement précoce. Pour cela, une bonne collaboration entre médecins, personnel infirmier, anesthésiste, physiothérapeute, kinésithérapeute et diététicien s’avère indispensable. Par ailleurs, l’expérience a montré que le protocole était le plus efficace lorsqu’il était appliqué dans sa totalité. En pratique, il s’avère difficile d’évaluer l’impact de chaque mesure prise isolément.

NEWSLETTER

Inscrivez-vous à la newsletter de l'Echo et recevez
nos contenus et promotions en exclusivité!



RENONCER À L’ALCOOL

On sait que le dialogue entre le patient et le médecin revêt une importance déterminante. A cette étape, les facteurs de risques de complications sont recherchés afin d’optimiser la préparation du patient pour l’opération. Par exemple, il est recommandé de renoncer à l’alcool et au tabac quatre semaines avant l’intervention. Cette simple mesure préventive a un effet positif sur les suites de l’opération.

Francesca Sacco

 

Laissez-les manger avant l’opération

17A EM20.tifL’origine de la chirurgie fast track remonte au milieu des années 1990, lorsque le docteur Henrik Kehlet, professeur au Righospitalet à Copenhague, a prouvé qu’il était superflu de prescrire un lavement avant une opération intestinale. Le dogme de l’époque voulait que le patient cesse de s’alimenter au moins huit heures avant l’anesthésie générale. Henrik Kehlet a démontré qu’il suffisait de s’abstenir de manger durant les trois dernières heures et que les boissons pouvaient être autorisées jusqu’à deux heures avant l’intervention. Il est même indiqué d’ingérer à ce moment un liquide riche en hydrates de carbone semblable aux breuvages utilisés par les sportifs avant une compétition. Cela aiderait l’organisme à affronter le stress de la chirurgie…

FaS

 

Articles en relation


Tous donneurs

Le Conseil national estime que, sauf avis contraire, chaque Suisse accepte de donner ses organes. Validée le 5 mai, l’idée obtient une plus grande majorité assortie d’un droit de veto des proches.


Primes maladie: le Jura s’autopsie

Le canton du Jura scanne la santé de sa population alors que les primes maladie grimperont l’an prochain de 2%. Un pic en Romandie.


HUG: restaurer l’équilibre vacillant

Aux Hôpitaux universitaires de Genève (HUG), Angelica Perez Fornos et son équipe restaurent l’équilibre vacillant des patients avec leur neuroprothèse révolutionnaire.

NEWSLETTER

Inscrivez-vous à la newsletter de l'Echo et recevez
nos contenus et promotions en exclusivité!



voyage alpes home