Les trains ont des oreilles

Evelyne Pintado Evelyne Pintado

Scènes banales dans les transports publics à l’heure de pointe. Son casque sur la tête, un passager raconte en détail ses ennuis conjugaux. Un autre, assis à l’autre bout du wagon, se plaint de son employeur. Un troisième parle de son bilan médical.

Les trajets sont souvent mis à profit pour téléphoner. Si on n’a pas soi-même des écouteurs dans les oreilles, on subit ces appels par percolation même si on s’efforce de ne pas les entendre, car certaines personnes ont tendance à parler fort. La faute probablement à ces mêmes écouteurs qui donnent à celui qui les porte l’illusion qu’il est dans une bulle. Du coup, les autres passagers sont associés aux échanges sans le vouloir. Ce qui frappe, c’est la nature hautement intime, privée, parfois même confidentielle, de beaucoup de ces échanges téléphoniques partagés à la ronde. Pas sûr que les interlocuteurs concernés oseraient aborder les mêmes sujets à haute voix s’ils se trouvaient face à face dans le train. Mais le voyageur qui téléphone se trouve dans un environnement mouvant. Il a l’illusion que rien ne va laisser de traces et il oublie qu’il n’est pas seul. Sans conséquences? C’est à voir. Mieux vaut ne pas citer trop de noms dans les transports publics car, expérience faite, c’est fou comme le monde peut se révéler petit.

Les notions d’anonymat et de confidentialité deviennent vraiment très relatives.Parlant de confidentialité, voici une histoire vraie. Julie prend le train à Montreux. Arrive un autre passager qui entame un appel professionnel interminable et bruyant. Une heure plus tard, incapable de se concentrer sur sa lecture, Julie tente une expérience. Un prénom et le nom d’un bâtiment reviennent en boucle dans la conversation. Et si elle testait la capacité d’internet à recouper des bribes d’information? Elle sort son téléphone mobile, tape les deux mots dans un moteur de recherche, visite quelques pages... Et voilà que la photo, l’identité et le parcours professionnel complet de son voisin de train s’affichent sur son écran. Soudain, le sujet de la discussion devient clair.

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L’expérience est extrêmement perturbante. La grande majorité des gens sont équipés de téléphones disposant d’une connexion à internet. Par conséquent, n’importe qui aujourd’hui peut faire ce type de recherche à tout instant. Ce que nous disons à haute voix dans un lieu public peut être replacé facilement dans un contexte plus précis et bien plus révélateur que nous ne le pensons. Ainsi, les notions d’anonymat et de confidentialité deviennent vraiment très relatives.

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Everlyne Pintado

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