Morts au Sahel

Funérailles du journaliste espagnol David Beriáin, 44 ans, tué au Burkina Faso le 26 avril. Funérailles du journaliste espagnol David Beriáin, 44 ans, tué au Burkina Faso le 26 avril.

La mort violente de trois étrangers dans l’Est du Burkina Faso et celle de dix-huit villageois dans le Nord braque à nouveau les projecteurs sur le fléau djihadiste qui ronge le Sahel.

LE BURKINA FASO ATTAQUÉ?

Le 26 avril, deux journalistes espagnols et un directeur irlandais d’une ONG ont péri dans l’Est du Burkina Faso, aux abords de la réserve naturelle de Pama, voisine du Bénin. Les deux reporters habitués aux zones de guerre et le dirigeant d’une association de protection de la faune sauvage accompagnaient une patrouille composée de militaires et d’agents des eaux et forêts burkinabés quand ils ont été attaqués par des rebelles djihadistes. Un Suisse faisant partie de l’expédition était porté disparu aumoment où nous mettions sous presse.

DES PRÉCÉDENTS?

En 2018, une Canadienne et un Italien ont été enlevés dans la même zone avant d’être libérés au Mali en 2020. Idem pour deux touristes français kidnappés en 2019 aux abords du parc de la Pendjari, à cheval entre le Burkina Faso et le Bénin, et libérés par les forces spéciales françaises. Largement relayés par la presse internationale, ces évènements représentent la pointe de l’iceberg de violence qui ravage les Etats sahéliens – Burkina Faso, Mali, Mauritanie et Niger – depuis des années: le jour de la mort des journalistes et du directeur de l’ONG, dix-huit villageois burkinabés ont été massacrés à une dizaine de kilomètres de la frontière avec le Niger, au Nord, ce dont aucun média ou presque n’a fait mention.

Depuis 2015, les attaques terroristes ont fait 1300 morts au Burkina Faso et poussé un million de déplacés sur les routes. Concentrées dans le Nord, les exactions attribuées à des groupes djihadistes, dont le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM), affilié à Al-Qaïda, et l’organisation Etat islamique dans le grand Sahara (EIGS) ont fini par viser la capitale et d’autres régions. Consciente de cette dérive, la Suisse a annoncé, quelques jours avant l’attaque du 26 avril, qu’elle retirait le Burkina Faso de la liste des pays sûrs.

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UNE CRISE PLUS PROFONDE?

Liée à l’intervention de l’OTAN en Libye, qui déstabilise l’ensemble de l’Afrique de l’Ouest depuis 2011, la violence islamiste s’enracine dans un mal plus profond. En proie à une crise humanitaire avec la plus forte croissance au monde, le Burkina Faso et ses 20 millions d’habitants sont au coeur de la plus grande poche de pauvreté au monde qu’est devenu le Sahel. Le manque chronique de nourriture, l’explosion démographique et les sécheresses causées par le changement climatique entraînent des conflits pour la terre entre éleveurs et agriculteurs. Et l’exil de millions de personnes.

AVEC BOKO HARAM?

Le Mali a subi un nouveau coup d’Etat le 18 août. Au Niger, la colère populaire gronde contre la corruption du gouvernement. Quant au Tchad, il a vu son président mourir au combat le 20 avril. Dans ce chaos, les experts pointent le risque qu’un corridor d’insécurité finisse par relier les djihadistes du Sahel aux extrémistes de Boko Haram, présents dans le Nord-Est du Nigéria, ce qui pourrait déstabiliser non plus seulement les campagnes, mais des régions densément peuplées.

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