La porte close

Dans son ouvrage Femmes de papes, Bénédicte Lutaud trace le portrait de cinq femmes du siècle dernier qui ont exercé une influence sur des souverains pontifes: par leurs compétences, leurs fonctions ou leur amitié, elles les ont protégés, soutenus, stimulés dans leurs réflexions.

Ces femmes de caractère aux parcours atypiques se sont fait une place au Vatican, reconnues dans leurs apports spécifiques. Non sans susciter des jalousies au sein de la curie et de la méfiance chez nombre de prêtres attachés à leur pouvoir.

Au-delà de leur oeuvre de pionnières, elles ont un point commun: toutes ont été des résistantes. En elles, une détermination sans faille à poursuivre un idéal que rien, pas même les pires souffrances, n’a entamée. Chacune est allée son chemin non pour elle-même, mais pour l’Eglise, se mettant tout entière à son service.

Les temps ont changé: la pandémie est passée par là, remettant en cause bien des habitudes, et l’imprévisible s’est invité dans nos vies. Il nous a fallu traverser le temps des églises vides. Le visage de nos paroisses a changé: tous ne sont pas revenus, certains ne reviendront pas. Le fossé s’est creusé entre ceux qui tiennent à la messe et à la communion, dont ils ne peuvent se passer, et ceux qui ont fondé ou restauré des églises domestiques, méditant la Parole de Dieu entre amis ou en famille pour rejoindre ceux qui cherchent. Face à la perte de repères, face à une privation collective, il y a là deux attitudes. Et un choix à opérer.

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Dans une Eglise où plus rien ne va de soi, nous faut-il préserver ou renouveler?Dans une Eglise où plus rien ne va de soi, nous faut-il préserver ou renouveler? Où poser les yeux? Sur des rites usés dont la restauration viendra renforcer le réflexe identitaire ou sur ce qui germe à la faveur d’un temps de crise? Le pape François, lui, a choisi de voir dans la pandémie un temps pour changer: observons le monde et l’Eglise, discernons les signes des temps, puis agissons, inventons une Eglise au service de nos contemporains. Qui se savent, l’épreuve endurée, vulnérables et liés.

Des signes, Jean-Pierre Denis, dans son dernier livre, Les catholiques, c’est pas automatique, en discerne plusieurs donnés par la pandémie. Le signe du bon Samaritain: «Moins de culte? Hélas! Mais alors plus d’amour, de service, d’Eglise hôpital de campagne, de lavement des pieds, de sacrement du pauvre». Ou le signe de la porte close, indiqué par le prêtre tchèque Tomas Halik: pour lui, explique Jean-Pierre Denis, les églises vides sont un kairos, «un moment opportun pour aller en eau plus profonde dans un monde qui se transforme radicalement sous nos yeux».

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Et d’ajouter: «Jésus est sorti du bâtiment. Il faut le suivre», rejoindre la quête de sens de notre monde, faire signe, «se dégourdir les jambes hors de l’église». Dans l’humilité, reconstruire «l’Eglise domestique, l’Eglise missionnaire, l’Eglise confessante, l’Eglise itinérante... et le reste viendra par surcroît».

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