Accord-cadre: toujours pas d’accord

Ignazio Cassis s’efface, Guy Parmelin est allé à Bruxelles. Karin Keller-Sutter prendra-t-elle les choses en main? Ignazio Cassis s’efface, Guy Parmelin est allé à Bruxelles. Karin Keller-Sutter prendra-t-elle les choses en main?

L’accord-cadre avec l’Union européenne ne cesse de diviser: presque tous les milieux s’y opposent d’une manière ou d’une autre et les observateurs sont partagés sur les leçons à tirer de la visite de Guy Parmelin à Ursula von der Leyen.

LA VISITE?

Président de la Confédération, Guy Parmelin est allé à Bruxelles le 23 avril et en est revenu après une heure trente de discussion avec Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne. Il s’agissait de relancer les discussions politiques autour de l’accord-cadre, mais la rencontre «n’a débouché sur aucune avancée concrète», constate La Liberté. Les deux dirigeants «se sont quittés sans progrès majeur», confirme Le Temps.

L’accord-cadre doit permettre d’adapter rapidement le droit suisse au droit européen lorsque celui-ci évolue dans les domaines couverts par des accords bilatéraux – on parle d’actualisation «dynamique». Cela doit éviter de longues et fastidieuses négociations à chaque changement. Le texte suscite de nombreuses oppositions et le Conseil fédéral demande des «éclaircissements» sur trois points qui pourraient remettre en question les mesures de lutte contre le dumping salarial, menacer les garanties accordées aux banques cantonales et conférer des droits sociaux supplémentaires aux citoyens européens.

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EST-CE FINI?

Bruxelles se satisfait du texte mis au point en 2018 et n’entend pas renégocier. Mais les discussions se poursuivent. Pour la Neue Zürcher Zeitung, toutefois, «le Conseil fédéral doit être honnête et reconnaître l’échec», la Suisse et l’UE ne s’étant pas rapprochées. La Liberté parle de «gueule de bois» après la «sortie bruxelloise» de Guy Parmelin, mais reste optimiste: «Des propositions de compromis ont été faites de part et d’autre. Il est temps de lever le secret qui les entoure, pour en débattre et redémarrer».

ET MAINTENANT?

Un nouveau chapitre de «réflexion politique» s’ouvre à Berne, a déclaré Guy Parmelin. Mais aucune échéance concrète ou alternative n’a été évoquée, rapporte La Liberté. La Neue Zürcher Zeitung ne parvient pas à deviner quelle suite est la plus probable: échec que personne ne voudra assumer ou compromis. Le Sonntagsblick dévoile cependant que l’administration a été chargée d’élaborer un plan B au cas où l’accord n’aboutirait pas.

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QUI A LA BARRE?

Pour Le Temps, il faut compter sur la société civile pour garantir une relation stable avec l’UE, et donc «l’avenir des jeunes générations», et plus sur le Conseil fédéral. Celui-ci évolue «sans but», selon le Blick qui lui reproche d’ériger l’immobilisme en programme. Pour La Liberté, le gouvernement n’est pas assez soudé. Or voici que les regards se tournent vers Karin Keller-Sutter, la ministre PLR de justice et police, qui pourrait reprendre le dossier; l’économie et l’administration ne veulent plus de son collègue des Affaires étrangères Ignazio Cassis, à en croire la Sonntagszeitung. Le Tessinois n’a plus d’amis, résume la Berner Zeitung, notant qu’il échoue au même endroit que son prédécesseur, Didier Burkhalter: «L’accord- cadre est toxique – à tout le moins pour les conseillers fédéraux PLR». Ce qui pousse le Blick à s’interroger: Karin Keller-Sutter voudra-telle prendre le risque de s’y brûler les doigts?

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