Politique internationale: Qui est le tueur?

«C’est celui qui le dit qui l’est», a répondu Poutine à Biden. «C’est celui qui le dit qui l’est», a répondu Poutine à Biden.

Vladimir Poutine est-il un tueur? «Oui», a répondu Joe Biden à une journaliste. Avant lui, Hillary Clinton avait traité le président russe de nouvel Hitler. Pourquoi tant de haine?

Un Tueur?

Joe Biden n’y est pas allé avec le dos de la cuillère. Le 17 mars, lors d’une interview accordée à ABC News, le président des Etats-Unis n’a pas hésité à répondre «oui» à une journaliste qui lui demandait si Vladimir Poutine était un tueur. Un missile verbal qui en rappelle un autre, envoyé il y a sept ans par Hillary Clinton. La démocrate, secrétaire d’Etat de 2009 à 2013, avait publiquement comparé le président russe à Hitler.

Antirusses de retour?

La saillie annonce-t-elle le retour à une politique américaine antirusse? Oui, à en croire Gabriel Galice, président de l’Institut international de recherches pour la paix à Genève. «Donald Trump, malgré tous les excès qu’on lui connaît, a contribué à apaiser les relations avec les Russes, ce qui est bon pour la paix mondiale. Il allait de même de son désamour avec l’OTAN, cette organisation politicomilitaire qui pousse l’Allemagne, la France et les pays européens à entrer en conflit avec la Russie.»

Joe Biden, Un Cow-Boy?

Si la presse dit du président américain qu’il a «fait preuve de fermeté » (Le Temps) envers le chef du Kremlin, Gabriel Galice dénonce un comportement de cow-boy. «Traiter un président au pouvoir de ‘tueur’ peut être qualifié d’outrage à un chef d’Etat. C’est inadmissible. Et irresponsable venant du dirigeant des Etats-Unis.» Mais cette attaque, qui annonce un durcissement dans les relations russo-américaines, ne surprend qu’à moitié l’économiste et politologue français. «Joe Biden était un fervent partisan de l’invasion américaine de l’Irak en 2003 et il a soutenu l’intervention en Libye en 2011.» Pour l’Irak, le démocrate est d’ailleurs allé plus loin que la plupart des faucons de Washington en proposant que le pays soit divisé en trois entités autonomes – sunnite, chiite et kurde –, ce qui aurait aggravé la guerre civile causée par l’occupation américaine.

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Partisans de la guerre?

Le président de l’Institut de recherches pour la paix rappelle néanmoins que les changements à la tête des Etats-Unis influencent peu les tendances lourdes. «La grille de lecture européenne, qui considère de manière simpliste les républicains comme la droite et les démocrates comme la gauche, fausse la compréhension de la réalité. Les partisans de la guerre et de l’intervention à l’étranger appartiennent aux deux bords politiques et sont fortement influencés par les lobbies militaires et industriels. On dit souvent que le président prend le pouvoir, mais on oublie que le pouvoir prend aussi le président.»

Trump le pacifique?

Pour Gabriel Galice, il n’y a donc ni «méchant Trump» ni «gentil Biden». «Donald Trump n’appartenait ni à l’intelligentsia ni à l’establishment. Il jouait autant avec les pouvoirs en place que contre eux. Il est vrai qu’il n’a engagé aucune guerre, stricto sensu, mais ses ‘sanctions’ illégales envers l’Iran, le Venezuela, Cuba et la Syrie ont tué des milliers de personnes, sans parler de son soutien à la guerre au Yémen, à l’Arabie saoudite et à Israël.»

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