GE: la droite déboussolée

Le PLR ne voulait plus de Pierre Maudet. Mais c’est lui qui passe l’épaule et sème la zizanie à droite. Le PLR ne voulait plus de Pierre Maudet. Mais c’est lui qui passe l’épaule et sème la zizanie à droite.

A Genève, le score de Pierre Maudet au premier tour de l’élection partielle au Conseil d’Etat rebat les cartes au centre et à droite de l’échiquier politique. Un épiphénomène?

UN SCORE SURPRISE?

Election partielle du Conseil d’Etat genevois, 7 mars: Pierre Maudet arrive 2e (22%) derrière la Verte Fabienne Fischer (29%). Un score canon alors que le candidat indépendant, qui a provoqué cette élection en démissionnant de son poste, vient d’être jugé coupable d’acceptation d’un avantage (le fameux voyage à Abu Dhabi). Malgré ses déboires, son étoile n’a pas pâli pour tout l’électorat. Maudet est un Chirac genevois: jamais aussi bon qu’en campagne et qu’importent les mensonges.

LE PLR?

Avec ce score, Maudet continue d’entraîner dans sa chute le PLR, qui l’a exclu de ses rangs en été. Arrivé 3e, Cyril Aellen, candidat du premier parti du canton, abandonne. Qui le remplace? Personne. En outre, les libéraux-radicaux excluent tout soutien. Même pas à l’UDC qui maintient Yves Nidegger, bon 4e, dans la course au second tour (28mars). Si le PLR était un bateau ivre en train de se saborder, il ne s’y serait pas pris autrement.

LE CENTRE?

Le PDC lance sa présidente Delphine Bachmann, absente au premier tour. Sans l’appui du PLR. Cela signifie que l’Entente, l’alliance scellée en 1937 entre radicaux, libéraux et démocrate- chrétiens, ne fonctionne plus. Certes, elle n’a jamais été aisée. Surtout depuis que des libéraux font du pied à l’UDC, crispant le PDC. De plus, les Vert’libéraux font leur nid au bout du Léman: leur candidat, Michel Matter, a fait un score très honnête (5e) avant de se désister. Tout cela dans le cadre d’un rapprochement de moins en moins silencieux avec le PDC. Un phénomène déjà observé au niveau municipal. Et ailleurs en Suisse romande (Fribourg, Vaud). Le PDC prend la voie d’une grande alliance centriste avec les Vert’ libéraux en croissance et les miettes du PBD. Une idée déjà exprimée par certains caciques d’un parti fraîchement renommé Le Centre – justement.

CHANGEMENTS EN VUE?

La vague verte se confirme, ainsi lors des récentes élections fribourgeoises. Les Vert’libéraux bénéficient des préoccupations écologiques des Suisses. Et le PDC se positionnemieux que le reste de la droite sur le climat. Cela accroît les divergences. Au Parlement fédéral, l’UDC surtout, mais aussi le PLR, poussent «des coups de gueule»: s’agit-il uniquement de tensions liées à la crise sanitaire?

SCISSION LIBÉRALE-RADICALE?

La vieille division entre libéraux et radicaux ressurgit avec l’affaire Maudet. Les soutiens qui lui valent 22% des voix expriment en partie un grand non-dit non seulement genevois mais suisse: la fusion libérale-radicale n’a pas pris en profondeur. La jeune garde du PLR n’étant guère étatiste, le conflit générationnel cacherait une autre dimension. Dans ce contexte, le score de Maudet, qui a commencé sa carrière chez les radicaux, ne serait pas qu’une Genferei de plus. Mais le signal que quelque chose ne tourne pas rond à droite. Et qu’une recomposition des forces pointe le bout de son nez. Du moins à Genève. 

NEWSLETTER

Inscrivez-vous à la newsletter de l'Echo et recevez
nos contenus et promotions en exclusivité!



Articles en relation


France: le retour de la vieille droite

L’élection d’Emmanuel Macron à la présidence de la République en 2017 et la création de son mouvement La République en marche (LRM) semblaient avoir fait le vide – ne subsistaient que, tout à droite, le Rassemblement national (RN) de Marine Le Pen, appelée à l’affronter au deuxième tour de la présidentielle de 2022, et, à l’autre extrême, les Insoumis de Jean Luc Mélenchon. Or les élections régionales, marquées par l’abstention de deux tiers des Français, renforcent les partis traditionnels – Les Républicains surtout.


Pérou: et le président?

Le Pérou, seul pays à avoir connu trois présidents en une semaine, l’an dernier, est une fois de plus en ébullition. Samedi, à Lima, Cuzco et Ayacucho, des centaines de milliers d’hommes et de femmes sont descendus dans la rue pour dénoncer les «tentatives de putsch» de Keiko Fujimori qui, selon les manifestants, devrait accepter sa défaite dans les urnes.


Point chaud: La Suisse hors du cadre

On en parle depuis une semaine: la Suisse refuse définitivement de signer l’accord-cadre avec l’Union européenne (UE). Mais de quoi s’agit-il? Et est-ce si grave?

NEWSLETTER

Inscrivez-vous à la newsletter de l'Echo et recevez
nos contenus et promotions en exclusivité!