GE: 1200 électeurs de plus

1200 personnes avec handicap ont désormais le droit de voter à Genève. Toutes n’en ont toutefois pas la capacité. 1200 personnes avec handicap ont désormais le droit de voter à Genève. Toutes n’en ont toutefois pas la capacité.

Le 7 mars à Genève, les personnes «durablement incapables de discernement » pourront élire et voter aux niveaux cantonal et communal. Une première en Suisse. Qui pourrait faire des émules.

POURQUOI DE NOUVEAUX ÉLECTEURS?

En novembre 2020, 75% des Genevois ont accepté de restituer leurs droits politiques aux personnes avec handicap mental ou psychique. Ils ont suivi le Grand Conseil et le Conseil d’Etat pour qui il y avait une «composante symbolique forte» à faire passer le droit d’élire et d’être élu avant toute forme de restriction. Genève met ainsi en oeuvre, à son niveau, une convention de l’ONU que la Suisse a ratifiée en 2014 et qui lui impose de garantir une participation pleine et effective des personnes handicapées à la vie politique. Ce qu’elle ne fait pas. Le comité onusien responsable «ne manquera pas d’aborder ce sujet lors du dialogue constructif avec la Suisse», lit-on dans une récente newsletter du Bureau fédéral de l’égalité pour les personnes handicapées.

QUI SONT CES ÉLECTEURS?

Il s’agit des personnes placées sous curatelle de portée générale, soit qui ont «particulièrement besoin d’aide, en raison notamment d’une incapacité durable de discernement», selon le Code civil. Elles sont un peu plus de 1200 à Genève. Dans les pages suisses de son édition du 25 février, l’hebdomadaire allemand Die Zeit met en avant l’exemple d’un autiste de 25 ans qui se rendra au local de vote le 7 mars. Avec l’aide de sa mère, qui promet de lui présenter les enjeux de manière neutre.

Y A-T-IL DES RISQUES?

Certains craignent que le vote de ces nouveaux électeurs ne soit influencé, voire dicté, par leurs proches. Ce risque existe, reconnaît dans Die Zeit le président d’Insieme Genève, l’association de parents et d’amis de personnes vivant avec une déficience intellectuelle. Mais Augusto Cosatti relève qu’il est présent dans l’ensemble de la population: «Des familles et des couples votent souvent de la même manière».

VOTERONT-ILS?

Si tous participaient, l’impact sur l’issue du scrutin (élection complémentaire au Conseil d’Etat et indemnisations liées à la crise sanitaire) serait faible: le canton de Genève compte un peu plus de 270’000 citoyens.Mais tous ne voteront pas. Un handicap trop lourd empêchera certain d’entre eux de se faire une opinion et, donc, de se prononcer. Ils peuvent aussi s’abstenir. Comme beaucoup d’autres. L’accès à l’information est en outre un défi: les objets de votation peuvent être complexes à expliquer et les brochures des autorités n’existent pas encore en langage simplifié.

NEWSLETTER

Inscrivez-vous à la newsletter de l'Echo et recevez
nos contenus et promotions en exclusivité!



QUELLES SUITES EN SUISSE?

Le Valais prépare une modification législative, le Parlement vaudois se prononcera en juin sur les droits politiques des personnes sous curatelle de portée générale et le débat parlementaire est lancé à Berne et à Neuchâtel. En revanche, le Grand Conseil fribourgeois a refusé d’agir en septembre, préférant observer les évolutions fédérales. Pour l’heure, la législation actuelle suffit au Conseil fédéral: elle «satisfait dans une large mesure» la convention de l’ONU. Interpellé, le Conseil national pourrait être d’un autre avis.

Articles en relation


Mario Draghi: un super réformateur

Alors que le pass sanitaire s’étend en Italie à tous les lieux de travail dès le 15 octobre, la péninsule transalpine présente de plus en plus le visage du renouveau: celui de Mario Draghi, président du Conseil des ministres depuis février. Auréolé d’une mirifique réputation d’économiste, «le sauveur de l’euro» en 2012 se positionne comme la figure de proue européenne de l’après-Angela Merkel. «Mario Draghi est le garant de l’euro», a d’ailleurs déclaré la Mutti lors de sa dernière visite officielle à Rome.


La démocratie chrétienne en crise après Merkel

L’Allemagne se prépare à vivre sans Angela Merkel: la chrétienne-démocrate quittera la Chancellerie fédérale après les élections du 26 septembre. En seize ans au pouvoir, elle a fait de l’Allemagne le leader incontesté de l’Europe, mais laisse derrière elle un parti affaibli.


Croire et cheminer

«Seigneur accorde ton secours au beau pays que mon coeur aime», avez-vous peut-être entonné à l’occasion de la Fête fédérale d’action de grâce – le Jeûne fédéral pour les réformés –, ce dimanche de prière pour la patrie institutionnalisé. Constitutionnellement placée à l’ombre des ailes de Dieu Tout-Puissant – n’en déplaise à certains –, la Suisse est-elle toujours chrétienne? Ou plutôt, faute d’attestation de baptême, la Suisse reste-elle fidèle à sa tradition chrétienne?

NEWSLETTER

Inscrivez-vous à la newsletter de l'Echo et recevez
nos contenus et promotions en exclusivité!



concours echo