Gouvernements sans femme?

Anne-Claude Demierre ne devrait pas être la dernière femme du gouvernement fribourgeois. Plusieurs partis présenteront des candidates. Anne-Claude Demierre ne devrait pas être la dernière femme du gouvernement fribourgeois. Plusieurs partis présenteront des candidates.

Le Valais devrait rejoindre en mars la liste des cantons ayant des gouvernements entièrement masculins (Argovie, Lucerne, Uri, les Grisons, le Tessin et Appenzell Rhodes Extérieures). Suspense à Fribourg.

Quand Esther Waeber-Kalbermatten quittera son bureau de l’Avenue de la Gare, à Sion, fin avril, elle fermera, en même temps que sa porte, ce qui aura été une parenthèse historique. Première femme élue au gouvernement valaisan, en 2009, elle pourrait bien être la dernière – du moins provisoirement. Pour lui 16 succéder, le PS présente un homme: Mathias Reynard.

17A«J’avais dit que c’était à une femme d’y aller, mais celles qui avaient de la visibilité et de l’expérience ont toutes décliné», se défend le conseiller national. Qui a dû renoncer à sa candidature à la présidence du Parti socialiste suisse pour défendre le siège de gauche au Conseil d’Etat, composé en outre de trois PDC et d’un PLR. A moins que la gauche n’obtienne un second siège ou que les Verts ne dépassent le PS le 7 mars (second tour prévu le 28), scenarii peu probables, le prochain gouvernement ne comptera que des hommes.

TOUS RESPONSABLES

«Il m’est arrivé d’entendre que la présence des femmes est de la responsabilité du PS. C’est ahurissant», s’agace le candidat pour qui la question est injuste: le PS a eu autant de femmes que d’hommes à la présidence du Grand Conseil et la moitié de sa présence au gouvernement a été assumée par une femme. «Il serait temps que tous les partis s’en soucient, notamment ceux qui possèdent depuis de nombreuses années plusieurs élus au Conseil d’Etat.»

Mais le PDC ne semble pas le faire. Aux côtés de ses deux sortants, Christophe Darbellay et Roberto Schmidt, il lance l’ancien conseiller communal (exécutif) d’Evolène Serge Gaudin. «Ce ticket entièrement masculin est un concours de circonstances», nuance Marie Zuchuat, vice-présidente du PDC du Valais romand (PDCVr). Elle mentionne par exemple Géraldine Marchand-Balet, ancienne conseillère nationale et présidente de commune, qui aurait pu être une candidate légitime si elle ne s’était retirée de la politique fin 2019. Après le congrès qui a désigné les candidats, Marie Zuchuat a annoncé la création d’un groupe de femmes au sein de son parti «pour analyser les profils et mettre en avant les futurs talents féminins. C’est quelque chose qui se prépare sur le long terme.» Elle relève que les choses changent déjà: les femmes représentent 43% des candidatures du PDCVr au Grand Conseil.

Si le PLR et l’UDC ont chacun un candidat au gouvernement, les Verts misent sur deux femmes: Brigitte Wolf, candidate au Conseil des Etats en 2019, et Magali Di Marco: «Il faut que des femmes trouvent le courage de se présenter même si les chances sont minimes». L’athlète devenue spécialiste en communication veut offrir un choix à l’électeur. Qui, prévient-elle cependant, «ne doit pas voter pour une femme parce qu’elle est une femme». Elle ne met d’ailleurs pas l’accent sur ce point dans sa campagne.

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REPRÉSENTATIVITÉ

«Etre une femme n’est pas un programme politique.»Que penser d’un Conseil d’Etat purement masculin ? «Si on a des hommes qui défendent l’égalité des chances et promeuvent les femmes à des postes-clefs, pourquoi pas?», répond l’écologiste, avant d’ajouter: «Si c’est un hasard». Ça ne l’est cette fois pas, les grands partis ne présentant pas de femmes. Un gouvernement doit être diversifié, prône Magali Di Marco. Tant au niveau des sexes que des régions, des compétences et des partis.

L’UDC, qui a récolté près de 20% des voix en Valais aux élections fédérales de 2019, n’est pas représentée au Conseil d’Etat. Mais ce n’est pas comparable, pour Claudine Esseiva. «Etre une femme n’est ni une idéologie ni un programme politique. Les femmes ne sont pas une minorité », souligne la présidente de BPW Suisse, plus grande association de femmes dans l’économie. Elue au législatif de la Ville de Berne où son parti, le PLR, compte un homme et sept femmes, elle constate que «la politique est organisée depuis longtemps par les hommes qui suivent leur carrière et estiment que leur tour est venu d’occuper certaines fonctions».

FRIBOURGEOISES EN LICE

A Fribourg, on peut dire que Christian Levrat a fait carrière: constituant, conseiller national, président du Parti socialiste suisse, actuellement conseiller aux Etats et conseiller général (législatif) à Vuadens, il est le candidat tout désigné pour succéder en novembre à Anne-Claude Demierre, seule femme du gouvernement. «Quand elle a été élue, sa candidature paraissait aussi naturelle: elle était députée depuis longtemps et avait présidé le Grand Conseil», rappelle-t-il, montrant que le parcours parle aussi en faveur des femmes quand on leur fait de la place: «L’essentiel, c’est de présenter des listes paritaires». La parité pour l’élection fribourgeoise pourrait venir d’une alliance de gauche en discussion; les Verts devraient selon toute vraisemblance présenter une femme. Côté socialiste, la présidente cantonale, Alizée Rey, est aussi sur les rangs. «Elle n’est pas juste une porteuse d’eau», affirme Andrea Wassmer, présidente de la section de district qui soutient sa candidature à la candidature. «Elle est aguerrie et pourra très bien assumer la fonction.»

En reprenant à la droite, comme elle l’espère, le troisième siège perdu en 2018, la gauche pourrait assurer une représentation féminine. Mais cela pourrait aussi venir du PDC. Son président, Damiano Lepori, coupe court à toute spéculation: «Il y aura deux hommes, les sortants, et une femme. Quand vous prétendez à trois sièges sur sept, le moins que vous puissiez faire est de montrer l’exemple». Tout reste en revanche ouvert au PLR, qui défend deux fauteuils avec un sortant. «Avec un ticket à deux, la parité, ce serait merveilleux, dit le président cantonal Sébastien Dorthe. Mais évidemment qu’on approche et encourage autant les femmes que les hommes.»

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Le Valais et Fribourg ont une majorité de droite, un PDC fort et une seule femme, socialiste, au gouvernement. Le premier rejoindra sans doute les cantons à l’exécutif exclusivement masculin, peut-être pas le second. Qui demeurera toutefois loin d’avoir une majorité de femmes au Conseil d’Etat comme en ont, outre Vaud, Thurgovie et Zurich, deux cantons également menés par la droite

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