Une question à la foi: Avez-vous réservé?

A l’entrée de plusieurs églises de Suisse romande, à Noël, des paroissiens éberlués ont entendu cette question: «Avez-vous réservé?». Covid-19 oblige, certaines paroisses ont décidé de rendre les célébrations accessibles uniquement sur inscription préalable, par internet notamment.

Merci, au passage, pour ceux qui maîtrisent mal cet outil – oui, ils sont encore nombreux, particulièrement dans les tranches d’âge qui se rendent à nos messes! Il fallait donc, comme au restaurant ou au théâtre, réserver sa place pour participer à certaines messes de Noël. Or, nos autorités ont justement fait en sorte que les églises ne soient pas mises sur un pied d’égalité avec les théâtres et les restaurants parce que ce ne sont pas des lieux de loisirs mais de culte, par définition ouverts à tous. Il y a, dans cette démarche de réservation de places à l’église, un retour nauséabond vers les temps préconciliaires où les nantis avaient leur place réservée, plaquette gravée de leur nom à l’appui. Pendant la nuit de Noël, alors que je célébrais une messe dont j’avais exigé qu’elle se vive sans réservations, je me prenais à imaginer la scène 2000 ans plus tôt. Et elle existe: l’évangéliste Luc, dans le passage que nous relisions précisément ce soir-là, nous rappelle qu’il n’y avait pas de place pour Joseph et Marie à l’auberge (Lc 2,7). Les pauvres... ils n’avaient pas réservé. Jésus est né loin des listes de réservation de places, dans une crèche. Comme pour rappeler qu’il se plaçait d’emblée du côté des rejetés de la nuit de Noël, auprès de ceux qui n’avaient pas réservé.

Vincent Lafargue

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