Question à la foi: Dieu est-il des nôtres?

Quand j’entends des convives qui, au moment de trinquer, chantent «il est des nô-ô-tres…», je pense à Jésus dans la crèche, à ce prodigieux mystère que nous fêtons cette semaine.

– Rapprocher la crèche d’une tablée de bistrot... Sacrilège!

– ...Eh bien, pas sûr.

Car Noël, c’est justement Dieu qui se fait l’un des nôtres. Il épouse notre humanité. Un mot qui vient de l’humus latin, tout le contraire d’une réalité éthérée flottant entre deux nuages.

– Dieu au bar d’une auberge? C’est gonflé!

– Ah oui? Et Emmaüs alors?

Comme en miroir, à l’autre extrémité de l’Evangile de l’Annonciation, il y a Emmaüs. A l’autre bout de l’histoire de ce Jésus né dans une mangeoire précisément parce qu’il n’y avait pas de place à l’auberge... il y a l’auberge d’Emmaüs où le Ressuscité se fait reconnaître à la fraction du pain (Lc 24,31).

Dieu n’est pas seulement avec nous, ce que suggère le mot «Emmanuel», mais il est l’un de nous. Il est des nôtres.

Quelle que soit l’heure de fermeture de nos tables villageoises ou de quartier, Dieu s’invite dans l’auberge de notre coeur. Va-t-il défoncer la porte en déchirant l’affiche rouge anti-Covid? Il préfère frapper pour qu’on lui ouvre (Ap 3,20). Il nous rejoint sans masque et sans gants. Il se fait l’un des nôtres, l’un de nous. C’est prodigieux. Ne nous habituons jamais à cette immensité du mystère de Noël!

Et au moment de trinquer autour de nos tables familiales, quelle que soit la limite autorisée, invitons-le, ce convive de plus, en chantant «il est des nô-ô-tres»!

Vincent Lafargue

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