Sur les pas de Joseph

Noël est là avec ses lumières dans les rues, des sapins et des crèches dans nos maisons, et nous nous apprêtons à nous retrouver en famille. Pour faire de ce jour un jour de fête malgré tout.

Malgré les restrictions et la menace. Mais peut-être, en nous inclinant devant l’Enfant cette année, aurons-nous une conscience plus aiguë de notre vulnérabilité, nous sentirons-nous plus proches de lui que jamais. Et prendrons-nous la mesure du don immense d’un Dieu fait chair, d’un Dieu venu habiter parmi nous. Il vient, cette année encore, petit et fragile, nous révéler la tendresse de Dieu. Au coeur de nos nuits.

Au fond de nous, une inquiétude demeure. Nous sentons bien que nous ne pourrons pas recommencer comme avant, que la crise, en même temps qu’elle a dévoilé les failles de nos sociétés, a aiguisé en nous les questions essentielles. Et que nous ne pouvons plus nous y dérober. Nos vies blessées, c’est ici et maintenant qu’il nous faut tenter de les déployer. Dans un monde qui trébuche et avance à tâtons.

Nos vies blessées, c’est ici et maintenant qu’il nous faut tenter de les déployer.Des mois que nous marchons sur le fil de l’incertitude. Et que nous apprivoisons notre vulnérabilité. Pas à pas. Désormais nous le savons: nous sommes fragiles, poreux. Nos sociétés tournées vers le progrès et la croissance nous l’avaient presque fait oublier. Mais un minuscule grain de sable est venu, cette année, enrayer la machine et déposer en nous un doute lancinant, une souffrance qui pèse. Nous avons tenté de l’éliminer. Il est toujours là, destructeur ou menaçant. Et nous avons appris à vivre avec au rythme de vagues et de courbes qui nous angoissent parce qu’elles nous renvoient à notre condition humaine.

Pour vivre la joie de Noël, qui nous est offerte dans la petitesse d’un enfant, osons croire, comme le pape François nous le dit dans sa lettre apostolique Patris corde (Avec un coeur de père), qui ouvre une année dédiée à saint Joseph, que Dieu «peut agir à travers nos peurs, nos fragilités, notre faiblesse». Sûrs que, «dans les tempêtes de la vie, nous ne devons pas craindre de laisser à Dieu le gouvernail de notre bateau. Parfois, nous voudrions tout contrôler, mais lui regarde toujours plus loin».

Pour le pape, «la réalité, dans sa mystérieuse irréductibilité et complexité, est porteuse d’un sens de l’existence avec ses lumières et ses ombres» et «la foi donne un sens à tout événement». Nous voilà invités, sur les pas de Joseph, à «faire place à ce qui arrive », à donner espace «à ce que nous n’avons pas choisi et qui pourtant existe». Dieu dans un enfant, un tout-petit, qui vient quêter une place en nos vies pour y déposer le germe d’une nouveauté absolue. Accueillons-le en vérité, ouvrons-lui toutes grandes nos portes. Et mettons en oeuvre «le courage créatif du charpentier de Nazareth qui sait transformer un problème en opportunité». Joyeux Noël!

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