Saint silence

La sidération s’accompagne d’un silence assourdissant. Abasourdis, nous sommes aphones, impuissants à donner un sens à l’imprévisible. C’était le cas en mars suite à l’irruption de ce fichu virus planétaire.

Mais, après une phase de stupéfaction, il y eut un semblant de réaction. Le mutisme a fait place à des clappements de mains. Au printemps, nous applaudissions à nos fenêtres à 21h. Comme ce rituel semble dorénavant lointain! Avait-il un sens autre que celui de conjurer la peur?

Aujourd’hui, à force de stratégies gouvernementales illisibles, ce qui restait de solidarité a volé en éclats. La Suisse est à l’heure du «coronagraben». La population est fatiguée, exaspérée, en colère. La crédibilité des dirigeants est plus qu’entamée. On ouvre? On ferme? Les conséquences économiques de la Covid-19 sont déjà lourdes de souffrances sociales. Et les infirmiers ne sont plus soutenus comme des héros au front de la pandémie.

Ce n’est pas la guerre de tous contre tous, mais la défiance s’est installée. Qu’est-ce qui est essentiel ou non?Quel intérêt prime? Funeste, cette méfiance généralisée ne présage rien de bon dans «le monde d’après» seriné par les prophètes des réseaux sociaux et les pythies de la pensée zéro. Il est d’ores et déjà cacophonique.

Jean Baptiste précède le Christ comme l’Avent annonce Noël.Nos corps sont également atteints. Nous avons perdu l’habitude de nous mouvoir spontanément. Le toucher est devenu un sens rare, quasi banni. Les gestes sont désormais des barrières et non des ponts qui nous relient. Et pourtant, «ma chair m’invite à habiter le temps et mon corps est le lieu de ma vulnérabilité », explique le dominicain Jean Pierre Brice Olivier.

Notre chair paralysée par des événements et des messages laissant sans voix. Ce fut le cas de Zacharie. Sa bouche est devenue muette suite à l’apparition de l’ange du Seigneur lui annonçant que son épouse Elisabeth donnerait naissance à un fils. Impossible, elle est stérile! Vraiment? Au sixième mois de grossesse, Zacharie est incapable de chanter le Magnificat lors de la visite de la Vierge Marie, cousine d’Elisabeth. Il ne sort de son mutisme sidérant qu’à la naissance de son fils Jean le Baptiste. Il chante alors la «grâce de Dieu» – l’étymologie de Jean – par un cantique figurant dans l’évangile de Luc.

La venue, puis la vie du Baptiste précèdent celles du Christ comme l’Avent annonce Noël. Dans la rumination obscure de nos incertitudes chemine l’espérance. Le silence prépare l’éclosion du Verbe. Après le doute, la confirmation. Dans la nuit, la lumière jaillit – c’est le mystère rayonnant de l’Incarnation, le Verbe fait chair. La Parole édifie, rassure, soigne. Par la clarté de son évidence. Il y a là une cohérence exemplaire qui devrait inspirer le monde, et d’abord nos gouvernants.

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