Skier à Noël?

Le Conseil fédéral permet aux Suisses de skier, mais en restant responsables. Le sommes-nous vraiment? Le Conseil fédéral permet aux Suisses de skier, mais en restant responsables. Le sommes-nous vraiment?

La semaine dernière, la Suisse était sous pression concernant l’ouverture ou non des stations de ski. Le coup d’envoi de la saison hivernale approchait. L’Allemagne demandait une interdiction à l’échelle européenne, regardant ses voisins autrichien et suisse de haut.

La France, par la voix de son Premier ministre Jean Castex, voulait «empêcher les Français d’aller se contaminer dans les stations» des pays voisins, rapporte Le Figaro qui craignait une mesure liberticide de trop.

Quant à l’Italie, elle se questionnait sur l’Alleingang de Dame Helvetia au temps du coronavirus; un reportage de La Repubblica révélait le peu de zèle des gardes-frontières helvétiques à contrôler deux journalistes milanais, provenant pourtant d’une métropole classée en «zone rouge», qui se rendaient à Zermatt pour goûter aux plaisirs de la glisse. Berne, par la voix d’Alain Berset, a donc rendu sa décision vendredi 4 décembre. «Des cabines remplies aux deux tiers, le masque obligatoire dans les files d’attente: moyennant un plan de protection adapté, le Conseil fédéral ne s’oppose pas à l’ouverture des stations de ski à Noël», résume La Liberté. «On n’en est plus à se demander s’il y a une logique dans ces décisions.»Les cantons alpins, «Valais en tête», sont soulagés. On pourra donc faire du hors piste avant ou après la messe de la Nativité. Même si Alain Berset a fait les gros yeux en n’excluant pas «des mesures plus sévères pour ‘certains cantons’ ou ‘régions’» mauvais élèves en termes de contamination. Le Fribourgeois pensait alors plutôt à certaines villes alémaniques. Le gros hic, c’est que les images de pistes de ski prises d’assaut à Verbier le lendemain, samedi, ont été relayées au niveau continental, constate La Libre Belgique. «L’image du tourisme valaisan est en jeu», a réagi Le Nouvelliste. Ce n’est pas peu dire. Et l’on n’imagine même pas les fractures et autres épaules disloquées qui sont parmi les conséquences immanquables d’une saison de ski – les hôpitaux en savent quelque chose, eux qui ont déjà d’autres soucis.

Faut-il voir de la cohérence là-dedans alors que les restaurants, les théâtres et les fitness sont fermés depuis le 4 novembre? «On n’en est plus à se demander s’il y a une logique dans ces décisions, mais plutôt si on y trouve la moindre trace de justice», tacle l’hebdo satirique romand Vigousse.

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