Eglises: Colère et incompréhension à Genève

A quand la reprise des célébrations à Genève? A quand la reprise des célébrations à Genève?

Les Eglises protestante, catholique romaine, catholique chrétienne et la communauté juive libérale de Genève ont exigé, le 27 novembre, la levée de l’interdiction dont elles sont l’objet pour les cultes, messes et cérémonies. Colère et incompréhension.

Fâchées, les communautés religieuses à Genève! Les décisions de déconfinement sectoriel annoncées le 25 novembre par le Conseil d’Etat n’ont dessiné aucun horizon pour elles, réduisant Noël «aux achats, aux repas de famille, aux vacances». Et ce en dépit d’une demande de concertation.

Les Eglises catholique romaine, catholique chrétienne, protestante et la communauté juive libérale le disent dans un communiqué publié le 27 novembre: elles se sentent «négligées, de manière incompréhensible, alors qu’elles ont acquis au fil de la crise et en particulier lors du déconfinement une expérience indéniable et qu’elles suivent des plans de protection stricts et adaptés à la situation, dans des lieux réputés sûrs et assez spacieux». Depuis le 1er novembre, à Genève, les Eglises et communautés sont sous l’effet d’une interdiction de culte et d’activités publiques. La liberté de croyance, garantie par la Constitution genevoise, est «contrariée».

«Ça suffit!» Pour le pasteur Blaise Menu, modérateur de l’Eglise protestante de Genève, la coupe est pleine. «On va rouvrir les cafés et les restaurants et pas les lieux de culte alors que, dès le premier confinement, les Eglises ont mis en place des dispositifs de protection qu’elles peuvent facilement réactiver. C’est une question de proportionnalité».

DÉCEPTION PALPABLE

«Que nous soyons aussi peu considérés par l’Etat est sidérant. D’autant que nous avons toujours été solidaires de ses décisions et en contact régulier et constructif avec ses représentants. Noël ne doit pas être réduit à un bien de consommation », relève-t-il.Car «la santé spirituelle, dont nous prenons soin, participe de la santé mentale, mise à mal par la situation sociale. En cette période de pandémie, il convient de lui donner toute sa place et pour cela de reconnaître le rôle primordial de la vie communautaire». Enfin, «nous demandons une reprise des cultes ciblée et par paliers, dans le respect des protocoles nécessaires, pour pouvoir célébrer Noël. A ma connaissance, il n’y a eu aucun foyer d’infection dans nos communautés». Pour l’abbé Pascal Desthieux, vicaire épiscopal à Genève, «sans être dans une dynamique de contestation, nous sommes assez déçus parce que nous avons demandé au Conseil d’Etat de ne pas nous oublier quand il pourrait desserrer les mesures et de nous rencontrer pour envisager la suite. Il a rouvert les commerces le 28 novembre, rouvrira bientôt les restaurants, mais rien n’est prévu pour les célébrations religieuses ».

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Aujourd’hui, «nous attendons de nos évêques qu’ils interviennent auprès du Conseil fédéral, notamment afin que nous puissions obtenir une dérogation spéciale pour Noël et accueillir un nombre de fidèles proportionnel à la taille de l’église. Ce sera un Noël différent, peut-être plus simple et donc plus authentique. Voilà pourquoi nous préparons des alternatives dont une célébration oecuménique pour les enfants et les familles diffusée sur la télévision locale Léman Bleu le 24 à 17h».

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