En vue: un non provisoire?

La campagne a été longue et pas toujours respectueuse. Opposants et partisans ont usé de moyens inhabituels. La campagne a été longue et pas toujours respectueuse. Opposants et partisans ont usé de moyens inhabituels.

L’initiative pour des multinationales responsables a certes convaincu une majorité de la population (50,7%), mais pas des cantons, et échoue au jeu de la double majorité (celle interdisant le financement des producteurs de matériel de guerre a en revanche été rejetée par 57,45% des votants).

«L’économie gagne la partie», titrait Arcinfo au lendemain du scrutin, mais les éditorialistes se sont à raison davantage intéressés à ce qui a précédé le vote.

La campagne a marqué un tournant dans la politique suisse.La campagne a marqué un tournant dans la politique suisse avec «l’arrivée d’un nouvel acteur capable de lancer des initiatives: les ONG», relevait Le Temps. La Neue Zürcher Zeitung osait ce titre: «Les ONG apprennent la peur à l’économie». «Si les ONG montrent à nouveau les muscles à l’avenir, les rapports de force pourraient être bouleversés », écrivait son journaliste en soulignant l’organisation, le professionnalisme et l’endurance de leur campagne. Celle-ci a, selon La Liberté, «fortement ébranlé» l’establishment politique et économique. Plus encore, la discussion a «brouillé les cartes comme jamais, avec les Eglises et des ténors du PLR, du PDC et de l’UDC engagés pour le oui» aux côtés des ONG, relevait l’éditorial d’Arcinfo.

Le rédacteur en chef de 24 Heures s’inquiétait, lui, de certains dérapages, mentionnant l’utilisation d’articles de presse à des fin de propagande, un courrier des lecteurs ingérable et des mots «peu charitables» venus d’hommes d’Eglise. «Ce vote passé, on va donc pouvoir retourner aux fondements de notre démocratie directe et s’occuper de la valeur exacte du contre-projet », se réjouissait-il.

Prêt à entrer en vigueur, il demande aux multinationales de faire preuve de diligence et de fournir chaque année un rapport sur leur politique en matière de droits humains. Le Courrier le jugeait «inoffensif» et espérait («Rêvons un peu») que la mobilisation inviterait «le monde politique à faire preuve d’un minimum de vigilance et de volontarisme en matière de contrôle des agissements de ces géants économiques». Ceux-ci n’ont rien gagné d’autre que du temps, soulignaient la majorité des éditorialistes. Le Temps annonçait ainsi les directives européennes à venir dans ce domaine et le débat en vue du vote de mars prochain sur l’accord de libre-échange avec l’Indonésie «qui se focalisera autour de l’huile de palme». 

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