Noël sans Amazon

A Bayonne, un militant recouvre un distributeur automatique d’objets commandés sur Amazon d’une banderole sur laquelle on lit: «Scène de crime climatique». A Bayonne, un militant recouvre un distributeur automatique d’objets commandés sur Amazon d’une banderole sur laquelle on lit: «Scène de crime climatique».

Que demandent les commerces de Suisse romande pour Noël? Que leur clientèle habituelle ne les oublie pas! Au lieu d’engraisser un peu plus Amazon, Zalando et les autres multinationales du commerce en ligne, grands gagnants de la crise sanitaire aux méthodes fiscales douteuses, les Romands devraient rester fidèles aux magasins de leur quartier.

Par solidarité en cette période de chaos économique. Mais également pour préserver la maison commune. Contrairement à Amazon, qui favorise la consommation de produits suremballés voyageant parfois d’un coin du monde à l’autre, le commerce local est durable et équitable.

C’est le message lancé la semaine dernière par la Ville de Lausanne avec le soutien d’une trentaine de maires et de présidents de communes issus de tous les cantons romands. Accompagnée d’une pétition intitulée «Noël en ville plutôt qu’en ligne» (disponible sur le site avaaz.org) signée par des centaines de personnes en quelques jours, cette démarche s’inspire de nos voisins français.

Il existe, pour nos achats, des plateformes web locales dans tous les domaines.Le 16 novembre, 120 signataires – ONG, syndicalistes, citoyens, élus – ont en effet appelé leurs concitoyens à «stopper Amazon avant qu’il ne soit trop tard». «Des gens cloîtrés chez eux, qui commandent nourriture, vêtements ou produits électroniques sur le site d’Amazon, regardent Amazon Video ou écoutent AmazonMusic»: voilà la situation rêvée pour Jeff Bezos, estiment les signataires. Qui préviennent que, si elle n’est pas stoppée, «l’expansion d’Amazon conduira au doublement de sa part de marché et à la destruction de 100’000 emplois en France». La Commission européenne a de son côté accusé le géant américain d’avoir enfreint les règles de la concurrence en tirant profit des données de détaillants indépendants utilisant son site internet...

Si la version romande de cet appel à la résistance n’articule pas de chiffres pour la Suisse, elle met en garde contre la disparition «d’emplois qualifiés et locaux dans la vente» et «l’appauvrissent de nos centres-villes». De Sion à Genève en passant par Fribourg, Bienne, Neuchâtel ou Delémont, les villes rappellent «qu’il existe, si nous n’avons pas d’autre solution pour les achats de Noël, des plateformes web locales dans tous les domaines, de la librairie à la confection en passant par l’alimentaire».

Articles en relation


Accusations de néocolonialisme

Soumise en votation le 29 novembre prochain, l’initiative pour des multinationales responsables provoque un débat inhabituel autour du concept de «néocolonialisme». Les deux camps s’accusent mutuellement de vouloir imposer leurs règles à l’étranger.


Responsables à quel point?

Le débat autour de l’initiative pour des multinationales responsables est tendu. Le résultat est incertain, comme le sont les conséquences pour l’économie.


En vue: le gréviste qui agace

Pierre Larrouturou a perdu 10 kilos en 18 jours. Son secret? La grève de la faim. Désigné rapporteur général pour le budget européen, l’élu socialiste français de 56 ans a décidé de protester.

NEWSLETTER

Inscrivez-vous à la newsletter de l'Echo et recevez
nos contenus et promotions en exclusivité!