Patience et espérance

Pourra-t-on sauver Noël? C’était, il y a quelque temps, le thème d’un débat télévisé en France. Il était surtout question du chiffre d’affaires des commerces, la période des fêtes étant essentielle pour eux.

Cette inquiétude, tout économique, est légitime, comme l’est celle de bon nombre d’entre nous à d’autres égards: pourra-t-on se réunir en famille, pourra-t-on célébrer la messe de minuit? Et si, au lieu de se demander si nous pourrons sauver Noël, nous nous laissions sauver par Noël?

Qui dit attente dit aussi patience. En avons-nous encore?La pandémie ne s’arrêtera évidemment pas dans la nuit du 24 au 25 décembre, à moins d’un miracle, et le vaccin ne tombera vraisemblablement pas du ciel – même si les dernières nouvelles permettent d’être optimiste. Mais bien des choses qui font la beauté de Noël sont encore à notre portée: des petites attentions, des gestes solidaires, des pensées qui peuvent devenir des mots. Il y a aussi ce charme de l’Avent, qui est un temps d’attente. Qui dit attente dit patience. En avons-nous encore? Notre patience, il est vrai, a été mise à bien rude épreuve cette année. Et il est tout aussi vrai que cet Avent a des airs de carême – on y voit avant tout des privations et des restrictions et l’on sait déjà que l’on reverra à Noël cette terrible solitude du pape qui a marqué bien des esprits à Pâques.

Oui, la nuit de cet hiver paraît bien sombre. Sans doute est-ce le moment ou jamais de tenir une lampe allumée, de rallumer une flamme, puis une deuxième, une troisième et une quatrième. Une flamme certes fragile et qui vacille, comme nous vacillons dans nos habitudes et nos certitudes. Regardons bien toutefois: si l’on met un peu de lumière dans la nuit, ce n’est déjà plus tout à fait la nuit.

Bien sûr, l’Avent est une attente joyeuse dont on connaît la fin alors que nous ne voyons pas le bout de cette pandémie. Ces temps qui sont les nôtres nous demandent patience et courage. Mais il faut croire qu’il y a, au bout de cette période trouble comme au bout de l’Avent, une lumière, un espoir – mieux, une espérance. Il vient, nous l’attendons et pourtant c’est lui qui nous attend. Comme un père qui tend ses bras à un enfant qui fait ses premiers pas. L’enfant vacille mais n’abandonne pas, il s’accroche à la petite flamme qu’il voit dans les yeux de son père. Cette flamme lui rappelle qu’il est avec lui tous les jours, lui dit ces mots de confiance: «N’aie pas peur». N’ayons pas peur, et osons pour cet Avent particulier la lumière et l’espérance.

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