En vue: le gréviste qui agace

Sur le masque de Pierre Larrouturou: «Santé, climat, travail. Première solution: 50 milliards d’euros via la taxe sur les transactions financières (TTF)». Sur le masque de Pierre Larrouturou: «Santé, climat, travail. Première solution: 50 milliards d’euros via la taxe sur les transactions financières (TTF)».

Pierre Larrouturou a perdu 10 kilos en 18 jours. Son secret? La grève de la faim. Désigné rapporteur général pour le budget européen, l’élu socialiste français de 56 ans a décidé de protester.

Contre quoi? Principalement contre son propre président, Emmanuel Marcon, qui, selon Pierre Larrouturou, «préfère protéger les traders plutôt que la planète, les banquiers plutôt que les infirmières».

A l’origine de l’affaire: un projet de la Commission européenne, lancé en 2011, pour une taxe sur les transactions financières (TTF) visant à financer la lutte contre le dérèglement climatique. Adopté par le Parlement à une large majorité, le principe de cette taxe devrait entrer en vigueur dès 2024. Où est le problème? Alors que la plupart des Etats européens semblent accepter l’idée d’une taxe de 0,1% sur chaque achat d’action et de 0,01% sur les obligations ou le trading haute fréquence – ce qui rapporterait plus de 50 milliards d’euros par an et permettrait de financer le «Pacte vert» européen –, «c’est essentiellement la France qui bloque», affirme Pierre Larrouturou.

«Il protège les traders plutôt que la planète et les banquiers plutôt que les infirmières.»«Le blocage vient des lobbys financiers. Emmanuel Macron va organiser une grand-messe pour les 5 ans de l’accord de Paris, mais concrètement, notre bilan carbone ne s’est pas du tout amélioré», affirme cet original qui a été sanctionné par le Parlement européen pour avoir facilité l’accès du bâtiment à la militante Greta Thunberg. Pierre Larrouturou est notamment soutenu par l’ancien ministre de la Transition écologique Nicolas Hulot. Réclamant plus de moyens pour le climat et la santé, le haut fonctionnaire avait entamé sa grève de la faim devant le Parlement européen à Bruxelles le 28 octobre. Il l’a stoppée le 14 novembre «sur le conseil des médecins». Mais le politicien français, dont les méthodes agacent jusqu’à certains de ses collègues, maintient la pression.

«C’est le 1er décembre, lors du Conseil des Ministres des finances, qu’il faut adopter cette taxe sur la spéculation, à temps avant le Conseil européen décisif sur le climat des 10 et 11 décembre. Si rien n’est fait, un budget indécent, largement insuffisant face à l’urgence sanitaire, climatique et sociale, sera adopté... jusqu’en 2027», prévient Pierre Larrouturou.

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