Dieu peut-il rappeler à lui?

Les faire-part de deuil sont hélas nombreux dans nos journaux en ce temps de pandémie. Pourtant, une formulation tend à en disparaître et l’on ne peut que s’en réjouir: la phrase «Dieu a rappelé à lui..» ou pire encore: «Il a plu au Seigneur de rappeler à lui...».

Hérésie absolue. Cela signifierait que Dieu, dans un élan de sadisme, veut tuer des personnes et les rappeler à lui. Cela ne tient pas. «Dieu a rappelé à lui» signifierait aussi que Dieu est l’auteur de la mort de quelqu’un. Cela tient encore moins. Dieu est la vie. Il ne peut donc pas être à la fois la vie et son absence – qu’est la mort. Mais si la personne souffre le martyre, sa mort est un bienfait, non? La mort en tant que passage vers la vie éternelle, dénuée de toute souffrance, peut apparaître, à vues humaines, comme un moindre mal dans certains cas. Mais elle reste la mort. C’est la suppression de la souffrance qu’il nous faut demander, pas la mort. On ne soigne pas un doigt qui saigne en le coupant! Or Dieu ne veut pas la mort et ne saurait s’en réjouir: «Je ne prends plaisir à la mort de personne!», dit-il au livre du prophète Ezékiel (chapitre 18, verset 32). Que l’on change de toute urgence ces formulations d’un autre temps en imaginant la joie que Dieu a d’accueillir quelqu’un dans sa lumière pour que cette personne «passe son ciel à faire du bien sur la terre», comme le prévoyait si joliment sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus. 

Vincent Lafargue

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