France: Les chrétiens terrorisés

Treize jours après l’assassinat en pleine rue d’un enseignant à Paris, le 16 octobre, une attaque terroriste a fait trois victimes à la basilique de Nice. Treize jours après l’assassinat en pleine rue d’un enseignant à Paris, le 16 octobre, une attaque terroriste a fait trois victimes à la basilique de Nice.

La France va mal. Le pays, reconfiné, a été la cible d’un attentat juste avant la Toussaint dans la basilique de Nice. Les lieux de culte catholiques sont dans le collimateur des terroristes.

TROIS ASSASSINATS?

Une Française de 60 ans, un Français de 55 ans, le sacristain, père de deux enfants, et une Brésilienne de 44 ans mère de trois enfants: le 29 octobre, ces trois personnes ont été tuées dans la basilique Notre-Dame de l’Assomption, au coeur de Nice. L’assassin, qui a utilisé un couteau, est un Tunisien de 21 ans. Avertis par des riverains, les policiers municipaux – armés à Nice – ont fait feu alors que le terroriste se précipitait sur ses victimes en criant «Allah akbar».

NICE ENCORE?

Oui, encore. L’attentat a ravivé le traumatisme de l’attaque au camion-bélier sur la promenade des Anglais qui avait fait 86 victimes le 14 juillet 2016. Choqués, les Niçois ont rappelé que c’est la troisième fois que le coeur de leur cité est touché. Une agression au couteau a déjà eu lieu en février 2015 contre trois militaires postés devant un centre communautaire juif.

LES ÉGLISES CIBLÉES?

Le terrorisme islamiste en France n’épargne pas les églises catholiques. Le 26 juillet 2016, le Père Jacques Hamel avait été égorgé alors qu’il officiait à l’église de Saint-Etienne-du- Rouvray, près de Rouen. Trois religieuses et un couple de paroissiens avaient été retenus en otages durant la messe du matin. Et les deux assaillants djihadistes, fichés S, abattus. Le groupe Etat islamique (EI) avait revendiqué l’attentat.

DES ATTENTATS RATÉS?

Le 19 avril 2015, les paroissiens de l’église Saint-Cyr-Sainte-Julitte à Villejuif (Val-de-Marne) avaient échappé à un attentat. Son instigateur, un étudiant algérien de 29 ans lié à Daech, avait tué une enseignante de fitness de 32 ans avant d’être arrêté par la police. En 2016, cinq femmes de 22 à 42 ans avaient planifié un carnage aux abords de la cathédrale Notre-Dame de Paris. La Peugeot 607 remplie de plusieurs bonbonnes de gaz par ce commando de femmes rattaché à l’EI avait pu être désamorcée par les forces de l’ordre, l’allumage ayant capoté. Un homme avait aussi attaqué trois policiers au marteau sur le parvis de la cathédrale un an après.

LES ÉVÊQUES FRANÇAIS?

Ils condamnent tout en appelant à ne pas succomber à la colère. «Il est urgent que cette gangrène soit stoppée comme il est urgent que nous retrouvions l’indispensable fraternité qui nous tiendra tous debout face à ces menaces, a affirmé la Conférence des évêques de France. Malgré la douleur qui les étreint, les catholiques refusent de céder à la peur.»

QUE FAIRE?

Protéger tous les croyants est impossible. Si la France compte 500 synagogues et 2000 mosquées, elle abrite plus de 45’000 édifices catholiques et 3000 protestants. Rien qu’en 2018, le ministère de l’intérieur avait recensé un millier de vols et de dégradations dans les lieux de prière catholiques, soit une moyenne de trois par jour. «Fermer les églises, ce serait céder à la peur», a affirmé Mgr Dominique Lebrun, archevêque de Rouen, qui était aux premières loges lors de l’assassinat du Père Hamel. Et priver les fidèles secoués par les attentats et la crise sanitaire d’une source de réconfort.

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