Pape François: Mauvaise polémique

En dépit de l’emballement médiatique, la position du pape François sur une union civile pour les couples homosexuels n’est pas nouvelle. En dépit de l’emballement médiatique, la position du pape François sur une union civile pour les couples homosexuels n’est pas nouvelle.

«Ce que nous devons faire, c’est une loi de cohabitation civile, ils ont le droit d’être légalement couverts.» Ces propos du pape François au sujet des couples homosexuels, dans le documentaire Francesco d’Evgeniy Afineevsky présenté le 21 octobre, n’ont pas manqué de susciter interrogations, applaudissements et commentaires outrés. Metro annonce aussitôt que le pape «bénit les mariages gays», L’Alsace parle de «changement radical» et Le Temps de «petite révolution».

Evoquer même un «léger changement de cap», comme le fait la Neue Zürcher Zeitung, est pourtant déjà trop dire. C’est une tempête dans un bénitier. A raison, l’agence cath.ch déplore un «emballement médiatique». Si les mots du Saint-Père sont inédits (il s’agit d’un passage retranché d’une interview accordée à une télévision mexicaine l’an dernier), ils n’ont rien de nouveau. Archevêque de Buenos Aires, il s’est d’abord opposé à un projet d’union civile mais a changé d’opinion en 2010: face à la volonté du gouvernement Kirchner d’autoriser le mariage homosexuel en Argentine, il a plaidé pour une union civile sans toutefois obtenir le soutien des évêques argentins conservateurs. Le pape a répété sa proposition en 2017 dans un ouvrage d’entretiens.

Le pape parle bien d’une union civile et non de mariage gay.Dans La Croix, Mgr Pierre Debergé, directeur du séminaire pontifical français, remet les pendules à l’heure: «Le pape parle bien d’union civile, et non de mariage, celui-ci, au regard de l’Eglise, étant un engagement mutuel définitif entre une homme et une femme ouvert à la vie». C’est par ailleurs «une prise de position personnelle et non un changement de doctrine officiel », commente le président d’une association LGBTI+ chrétienne dans le magazine spécialisé Têtu.

Face au sursaut des médias, cath.ch s’amuse à citer l’encyclique Fratelli tutti qui rappelle que «la rapidité du monde moderne, la frénésie nous empêchent de bien écouter ce que dit l’autre». Certains ont néanmoins le mérite d’aller au-delà d’un titre accrocheur, comme la Süddeutsche Zeitung. Elle souligne que si François s’éloigne des positions de Jean Paul II, bien des questions restent ouvertes. Et que si ses propos peuvent être bien accueillis en Europe de l’Ouest, ce n’est guère le cas à l’Est ou en Afrique. Là encore, rien de nouveau.

Jérôme Favre

Articles en relation


Jésus, spécialiste en marketing

Créé en 1998, l’Institut brésilien de marketing catholique (IBMC) est un acteur discret mais incontournable de l’Eglise au Brésil. Son objectif? Lutter contre la perte de fidèles et réagir face au succès des prédicateurs pentecôtistes.


Une Eglise de baptisés

«Il faut traiter les fidèles non comme de simples participants aux célébrations religieuses, mais comme des consommateurs à part entière qu’il faut être en mesure de fidéliser», lance tout de go Antonio Kater Filho, fondateur de l’Institut brésilien de marketing catholique (IBMC), dont vous découvrirez les intuitions dans l'article suivant.


Jean-Paul 1er, une autre façon d’être pape

Un bref pontificat – 33 jours – n’aura pas empêché Albino Luciani, élu pape sous le nom de Jean Paul Ier en 1978, de marquer l’Eglise. Conjuguant simplicité et audace pastorale, il a adouci les traits de l’institution et ouvert la voie à François.

NEWSLETTER

Inscrivez-vous à la newsletter de l'Echo et recevez
nos contenus et promotions en exclusivité!



BE2021