Dérives religieuses: témoignages

Face à un supérieur abusif, un religieux peut se retrouver très seul. (photo d’illustration) Face à un supérieur abusif, un religieux peut se retrouver très seul. (photo d’illustration)

La vie religieuse, qui devrait amener au bonheur de marcher avec Dieu, connaît des ratés retentissants. Quand une certaine vision de l’obéissance annihile la personnalité, par exemple. Un livre écrit par un chartreux met ce risque en lumière; et trois anciens religieux de suisse romande témoignent.

Il existe des personnes qui ont voulu donner leur vie à Dieu et qui ressortent cassées des communautés religieuses dans lesquelles elles ont vécu. Parfois en ne sachant plus qui elles sont, parfois avec des idées suicidaires. Parfois debout, mais avec l’impression qu’on a abusé d’elles. Les abus, en effet, ne sont pas que d’ordre sexuel. Il est une manière de ne pas toucher au corps, mais de corseter l’âme, de nier à l’autre sa liberté, sa personnalité, sa pensée propre. Le plus souvent avec les meilleures intentions: après avoir quitté le monde, le religieux ne doit-il pas se quitter soi-même?

Sans doute. Mais la ligne de crête entre la transfiguration de la nature humaine et sa destruction est d’une étroitesse redoutable. Au début de l’année, Dom Dysmas de Lassus, supérieur général de l’ordre des chartreux, a consacré un livre à cette question: Risques et dérives de la vie religieuse (Editions du Cerf). Moins spectaculaires que les abus sexuels, les abus spirituels sont tout aussi destructeurs, affirmet-il. Il importe d’identifier les situations d’emprise, de mauvaise compréhension de l’obéissance ou d’enfermement d’une communauté dans l’idée qu’elle seule incarne le salut de l’Eglise pour déminer le terrain.

Plusieurs anciens religieux ont accepté de témoigner pour cet article. Nous ne mentionnons ni leurs noms ni leurs communautés, l’idée n’étant pas de pointer du doigt tel ou tel institut en particulier, mais de mettre en lumière des mécanismes pervers. Tous, cependant, vivent en Suisse romande ou y ont vécu leur expérience religieuse.

RENONCER À SES GOÛTS

Au moment où tous ses repères s’effondraient, Serge* a rencontré un prêtre qui lui est apparu comme un phare dans la nuit. «Son regard était d’une telle intensité, il avait l’air tellement investi pour moi!», raconte-t-il. Après une conversion, le jeune homme s’engage dans la communauté dont ce prêtre est le supérieur. «Elle m’attirait peu, mais j’étais entré dans une spiritualité du renoncement: dans ma vie, trop suivre mes désirs m’avait conduit dans le mur. Il me fallait renoncer à ce que j’aimais, ce que je sentais, ce que je pensais.»

Les premières années sont teintées de malaise. «J’avais plein de problèmes non réglés. En même temps, j’étais porté par la ferveur ambiante. Et mon accompagnateur spirituel, le prêtre par qui j’étais rentré, interprétait ce mal-être comme des étapes de purification.» Un supérieur qui accompagne spirituellement les membres de sa communauté, recevant leurs confidences intimes en plus d’exercer l’autorité? La situation est strictement interdite par le droit canon. «Mais chez nous, il y avait l’idée que l’Eglise était dans un tellement sale état que cette exception se justifiait.»

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LES BOUQUINS AU GRENIER

Serge se sent mieux en commençant des études de théologie. Mais les premières tensions avec son supérieur apparaissent: «Quand je lui ai partagé mon enthousiasme pour un penseur qu’il n’appréciait pas, il est parti en larmes en m’assénant que je nageais en pleine dérive intellectualiste. Il pouvait mettre une telle charge émotionnelle dans ce qu’il disait, que ce soit la joie, la tristesse, la compassion! Alors j’ai pensé que je devais me laisser élaguer et j’ai rangé tous mes bouquins au grenier».

Petit à petit, cependant, Serge cesse de soumettre ses lectures au supérieur. Il se sent stimulé intellectuellement, mais également coupable. Et ne peut discuter de ses découvertes avec ses frères de communauté. «Dans leurs commentaires, je sentais que le supérieur les mettait en garde contre moi. L’un me demandait: ‘Est-ce que tu pries autant que tu lis?’ Un autre: ‘Lis-tu des vies de saints?’ Mes initiatives n’étaient pas bien vues.»

Après presque dix ans, Serge finit par écrire au supérieur pour lui exprimer ses doutes et ses réserves concernant certains aspects de la communauté. Réponse: «En gros, il m’expliquait dans une lettre de septante pages que j’étais un monument d’orgueil et il me suppliait à genoux de revenir à l’humilité». Là, Serge tire le frein à main et commence à s’ouvrir à des gens de l’extérieur. Un prêtre lui fait cette remarque intéressante: «Que ton supérieur soit manipulateur ou non, le fait est que tu t’es laissé embrigader. Tu dois faire un travail sur toi, sinon tu tomberas sous la coupe de quelqu’un d’autre».

L’ENTERREMENT D’UN AMI

«Tu n’y vas pas. La vie religieuse, ce n’est pas faire ce qu’on veut.»La goutte de trop fait déborder le vase le jour où Serge apprend qu’un ami très cher est décédé et demande à son responsable d’aller à l’enterrement. «Il m’a dit: ‘Tu n’y vas pas. La vie religieuse, ce n’est pas faire ce qu’on veut’.» Ulcéré par cette idéologie de l’obéissance pour elle-même, Serge répond qu’il ira, et qu’il quitte la communauté.

Le départ est compliqué: il n’a pas le droit de l’annoncer lui-même aux autres ni d’être présent lors de l’annonce. «En disant au revoir, tout le monde pleurait, mais on ne pouvait pas se parler. J’étais tellement mal!» Serge regrette le manque de dialogue du début jusqu’à cette triste fin. «Quand quelque chose n’allait pas, on ne discutait pas, on spiritualisait. Et on méprisait ceux qui pensaient différemment de la communauté.» Il manque également une réelle étape entre le noviciat et la vie religieuse, dit-il: «Oui, il faut se mettre à l’école de maîtres pour progresser. Mais au bout d’un moment, on doit nous considérer comme des adultes».

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REMETTRE SA JUPE EN PLACE

Mélanie*, elle, avait au contraire une très grande attirance pour la communauté qu’elle a rejointe dans sa vingtaine. Mais cette jeune femme pétillante et un brin rebelle apprend vite qu’il lui faudra faire profil bas pour être acceptée. Quand la maîtresse des novices, un jour, la fait venir dans un parloir et lui touche la taille par derrière sous prétexte de remettre sa jupe en place, Mélanie lui fait comprendre qu’elle n’aime pas ça. «Elle m’a répondu: ‘Arrête de jouer à l’enfant!’ Même comme adulte, on n’était pas censées répliquer.»

La religieuse, âgée d’une soixantaine d’années, va continuer à avoir la main baladeuse. Mélanie a peur d’être renvoyée si elle parle. Elle s’ouvre néanmoins à son accompagnateur spirituel, qui ne réagit pas. «Vous savez ce qui s’est passé, alors? J’ai commencé à me dire que c’était normal, que ces choses-là arrivent partout, qu’il faut faire avec.» C’est finalement sa mère, à qui elle se confie, qui lui intime de ne pas se laisser faire.

SAVON ET DENTIFRICE

Une certaine idée de la pauvreté n’encourage pas les jeunes soeurs à s’affirmer. Pour avoir du dentifrice ou un savon, il faut en faire la demande sur un cahier. Il faut demander la permission pour écrire une seconde lettre, seule une lettre parmois étant prévue. Demander la permission pour manger quelque chose en cas d’hypoglycémie en fin de matinée, le petit déjeuner étant très matinal – «mais je ne le faisais pas: ça aurait été un signe de faiblesse. Or il y avait l’idée que nous étions une élite et j’avais peur d’être renvoyée». Demander la permission pour avoir une discussion personnelle avec une autre soeur.

La novice commence à faire des cauchemars, à se sentir écrasée. «Je me disais: ‘C’est normal, tu as quitté ta famille’. Mais j’ai découvert que je n’étais pas la seule! Une soeur hurlait la nuit. Elle a été accusée d’être possédée. Nous ne pouvions pas parler de ce qui nous mettait en colère: nous n’aurions pas été de bonnes religieuses! On nous donnait sans cesse l’exemple de la fondatrice, qui n’aurait jamais rien refusé à Jésus. On nous disait: ‘Si vous obéissez à la supérieure, vous ne pouvez pas faire faux. C’est elle qui devra rendre des comptes à Dieu’.»

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ENFERMÉE DANS LES TOILETTES

«Je me suis bouché les oreilles et j’ai crié: ‘Lâche-moi!’.»Qui dit non s’expose à des représailles. Un jour qu’elle est occupée, Mélanie reçoit l’ordre de sa supérieure de nettoyer des rideaux, sans s’il te plaît ni merci. La jeune femme acquiesce tout en indiquant qu’elle va d’abord finir ce qu’elle est en train de faire. La supérieure répond: «Non, tout de suite». «Je me suis sentie traitée comme une esclave. Ça m’a mise hors de moi. J’ai répondu que si elle n’était pas contente, elle n’avait qu’à se débrouiller toute seule.» Quelques jours plus tard, cette supérieure s’enferme dans les toilettes avec Mélanie et agrippe la jeune femme par les épaules. «Elle a serré fort. Elle voulait me sermonner sur l’obéissance. Je me suis bouché les oreilles et j’ai crié: ‘Lâche-moi!’. Je tremblais. Je savais qu’elle avait déjà frappé des soeurs par le passé.»

Mélanie finit par s’enfuir des toilettes. Les deux religieuses ne reviennent pas sur cet épisode, mais une ou deux fois, quand la jeune femme sert à table, sa supérieure fait en sorte qu’il ne lui reste rien à manger. Tout en la regardant bien droit dans les yeux. Après six ans de cette vie-là, la jeune femme trouve un nouvel accompagnateur spirituel. «Dans son regard, j’ai compris que ce que je racontais était grave. Je lui confessais avec beaucoup de culpabilité que je bouillonnais de colère. Il m’a dit: ‘Félicitations’. J’ai d’abord cru qu’il se moquait de moi; mais il a répété ce mot trois fois. Il a validé ma colère, ma tristesse. Rien que ça, ça a été une thérapie!»

SANS COUP DE BAGUETTE

Le prêtre propose à Mélanie de passer trois mois dans un centre pour religieux en burn-out. «J’ai enfin pu échanger avec des membres d’autres communautés. Je me sentais libre de parler sans peur de recevoir un coup de baguette!»

Pendant cette formation, on lui donne des outils pour s’affirmer. Mais cette liberté renforcée ne plaît pas à sa communauté. Quand sa nouvelle supérieure lui fait des avances, Mélanie les repousse sèchement. Par la suite, elle ne sera plus jamais appelée à des apostolats extérieurs – ce qui revient à être enfermée à la maison pendant des mois. Et la supérieure écrira un rapport tellement négatif sur la jeune femme qu’après neuf ans de vie religieuse, elle n’aura pas le droit de renouveler ses voeux et devra quitter la communauté.

«Je me suis sentie rejetée. Sans ma famille, j’aurais peut-être songé au suicide. » Aujourd’hui, elle ne regrette rien, car toute expérience est riche, dit-elle. Mais reste la question: «Pourquoi met-on dehors les victimes et non les bourreaux?».

BRAS DE FER PERMANENT

C’est la même interrogation qui agite Capucine*. Elle n’a pas subi d’abus spirituel, mais elle a vécu trois ans avec une soeur perverse-narcissique, raconte-t-elle. Rien de spectaculaire en apparence: la soeur, qui se montre exquise à l’extérieur, est un vrai tyran domestique. «Si je n’étais pas d’accord avec un de ses désirs, elle se taisait et faisait la tête jusqu’à ce que je cède!» Pour les frères qui accompagnent cette jeune communauté en fondation, ce sont de simples historiettes de femmes.

Capucine hésite: est-ce une croix qu’il lui faut supporter ou un signal d’alarme? «Quand vous êtes dans une démarche spirituelle, c’est un vrai cas de conscience.» Qu’aurait-elle attendu? «Que les frères fassent une véritable enquête avec des psychologues, pas des théologiens! Et qu’ils prennent une décision franche: renvoyer la personne problématique ou dissoudre la communauté. Mais dans l’Eglise, on n’aime pas les problèmes. Quand vous entrez dans la vie religieuse, tout le monde vous applaudit. Mais quand ça tourne mal, c’est forcément votre faute.»

SE VOIR EN ADULTE

Capucine est finalement poussée dehors par l’autre soeur. Peu de temps après, la communauté périclite. Une religieuse termine en hôpital psychiatrique, d’autres gardent l’habit et errent toujours dans la nature. «Au final, la vérité n’a jamais été faite, justice n’a pas été rendue. Comment se fait-il que dans l’Eglise, seuls les morts soient condamnés?»

En même temps, cette expérience a permis à la jeune femme de faire le deuil de cette relation parent-enfant avec l’Eglise. «L’évêque n’est pas mon papa, les prêtres non plus. Il a fallu que j’apprenne à me voir en adulte, d’égale à égal.» Depuis cette histoire, Capucine reçoit des témoignages d’ex-religieux par dizaines.

 

Un chartreux prend la plume

Il peut sembler cocasse qu’un chartreux vivant cloîtré, en silence et dans l’ascèse fasse paraître un livre sur les dérives religieuses. Cet ouvrage signé par Dom Dysmas de lassus est en fait le fruit d’une collaboration. D’abord avec des victimes qui ont échangé pendant quatre ans avec le prieur; puis avec d’autres théologiens. Loin d’eux l’idée de détruire la vie religieuse. C’est au contraire pour en restaurer la crédibilité qu’ils ont pris la plume. La vie religieuse, parce qu’elle procède d’un amour qui veut tout donner, porte en elle-même quelque chose d’extrême. La manière de vivre cet extrême doit être discernée avec d’autant plus de finesse. Car les plus belles vertus peuvent être détournées et la corruption du meilleur engendre le pire. L’obéissance, qui devrait servir l’amour, peut anéantir la conscience et la responsabilité. L’humilité, qui devrait être la reconnaissance paisible de la vérité sur soi, peut virer à la destruction de l’estime de soi. Le silence, écrin d’une vie intérieure, peut devenir muraille qui enferme.

SEUL REMPART DE LA VÉRITÉ

Au fil de ces 440 pages passionnantes, Dom Dysmas énumère les situations qui devraient mettre la puce à l’oreille. Il faut s’alarmer quand une communauté s’estime être le seul rempart de la vérité ou le dernier bastion de la ferveur à l’exclusion de toutes les autres. Il faut s’alarmer quand les supérieurs découragent les discussions entre religieux ou avec les familles et détiennent le monopole de l’information. Quand il y a confusion entre les niveaux spirituel et psychologique, avec le recours à l’exorcisme à la moindre résistance par exemple. Quand un accompagnateur interprète toute divergence chez un religieux comme du combat spirituel. Quand l’unité passe par l’uniformité de la pensée. Quand on s’arrange avec la vérité pour préserver une apparence de perfection. Risques et dérives de la vie religieuse devrait figurer dans le programme de formation de tout religieux, voire de tout chrétien.

CMC

Dysmas de Lassus, Risques et dérives de la vie religieuse, editions du Cerf, 446 pages.

 

La juste obéissance

Soeur Laetitia-Catherine Carron, capucine du monastère de Montorge, à Fribourg, est présidente de l’Union des contemplatives de Suisse romande. Elle réagit aux témoignages de déviances dans les communautés.

«Dans la vie religieuse, on est tous des adultes. Bien sûr, ceux qui nous rejoignent doivent aussi entrer dans un mode de vie, de prière, et voir si cela leur convient avant de vouloir tout changer. Un temps viendra où ils pourront se prononcer et prendre part aux décisions. Le supérieur est garant du projet commun, mais il n’est pas au-dessus de la règle! Il peut avoir des attitudes fermes, mais jamais gratuites ou arbitraires pour éprouver l’autre ou ‘casser sa volonté’. Vivre en communauté est suffisamment exigeant pour qu’on n’ait pas besoin de se rendre pareil service! Je pense qu’un critère important est l’épanouissement des membres. J’ai toujours été frappée par nos soeurs aînées, souvent pleines de sérénité et d’humour malgré le grand âge. Quand, dans une communauté, tous les jeunes commencent à être malades physiquement ou psychiquement, il y a un souci. Le pire serait alors de spiritualiser au lieu de s’interroger sur un éventuel dysfonctionnement. »

Reccueilli par CMC

 

Un réseau pour les «ex»

En France, le Réseau Véro (pour Véronique, celle qui essuie la face du Christ) a vu le jour pour accompagner les personnes qui quittent le séminaire ou la vie religieuse. Des «bienveilleurs» proposent une écoute amicale dans le cadre d’un accueil en famille ou de sorties; des coaches aident les anciens religieux à relire leur expérience; des bénévoles les accompagnent dans leurs démarches administratives, de recherche de travail ou d’accompagnement psychologique; et ces «ex», comme ils se surnomment parfois avec humour, se retrouvent régulièrement pour un repas plus informel. Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

CMC

 

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