Votations fédérales: pas un jeu d’enfant!

Difficile de concilier carrière et famille: tout le monde est d’accord là-dessus. C’est sur la manière d’améliorer les choses que la Suisse politique ne s’entend pas. Difficile de concilier carrière et famille: tout le monde est d’accord là-dessus. C’est sur la manière d’améliorer les choses que la Suisse politique ne s’entend pas.

Des cinq objets fédéraux soumis au vote le 27 septembre, la «déduction fiscale pour les enfants» est de loin le plus complexe. Alors, citoyens, accrochez-vous!

UN SUJET COMPLIQUÉ?

Immigration (doit-elle être d’avantage contrôlée?), chasse (comment gérer les grands prédateurs?), congé paternité (deux semaines?) et avions de combat (6 milliards?): s’ils ont leur part de complexité, ces sujets soumis à votation le 27 septembre ont l’avantage d’être concrets. Il en va autrement de la «déduction fiscale des frais de garde des enfants par des tiers», issu d’un référendum, et dont l’aspect bicéphale brouille la compréhension.

UNE LOI À DEUX TÊTES?

L’idée du Parlement était de soulager les familles. Et de permettre aux parents – les femmes qualifiées en particulier – d’élever leurs enfants sans avoir à diminuer leur taux de travail ou à quitter leur emploi faute de solution de garde abordable. Comment? En augmentant le montant déductible de l’impôt fédéral direct pour la garde des enfants. Les crèches coûtent cher. Les parlementaires veulent donc faire passer la déduction maximale pour ces frais de 10’100 à 25’000 francs. Voilà pour le premier volet. Ça se corse avec le second volet. Ajouté tardivement par le PDC et sans consulter les cantons – qui y sont opposés –, c’est lui qui a provoqué le référendum lancé par le Parti socialiste (PS), les Verts et les Vert’libéraux. Alors que la loi avait été acceptée, la majorité de droite a en effet imposé un allégement fiscal général de plus par enfant. Ce qui change tout: les pertes fiscales passent de 10 millions de francs pour le premier volet à... 370 millions!

UNE «ARNAQUE FISCALE»?

C’est ce que dénonce la coalition de gauche opposée au projet. Pour elle, le deuxième volet ne bénéficiera qu’à 6% des ménages, soit les familles les plus riches. «Les autres, en particulier celles de la classe moyenne, n’en profiteront pas du tout, estime le président du PS, Christian Levrat, ou alors demanière tout à fait marginale.» Pas du tout, contre-attaque le président du PDC, Gerhard Pfister, pour qui «900’000 familles, soit 60%des familles suisses», jouiront de cette révision de la loi. Il ajoute que le 40% de familles restantes, de revenus modestes et donc dispensées de l’impôt fédéral, reçoivent déjà des prestations sociales financées par ce même impôt. L’empoignade sur les chiffres n’aide pas à y voir plus clair.

DES CRÈCHES GRATUITES?

Pour le comité référendaire, le projet originel a été détourné de son objectif. Et les centaines de millions de francs de pertes fiscales seraient plus utiles aux familles pour payer les primes maladies. Pour Christian Levrat, l’accueil de la petite enfance devrait d’ailleurs être considéré comme un service public «au même titre que l’école, y compris pour les crèches privées, avec un financement par l’Etat».

EN PLEIN COVID-19?

La Suisse peut-elle se permettre de diminuer ses revenus fiscaux alors que le coronavirus assèche déjà les caisses de l’Etat? La réponse à cette question pourrait faire pencher la balance le 27 septembre. Les défenseurs de la «déduction fiscale pour les enfants» estiment que 370 millions sur un budget total de 75 milliards n’est pas cher payé si on considère les avantages qu’en tireront les familles.

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