Le cap de l’humain

«Si la pandémie souligne notre interdépendance, elle accentue aussi les inégalités: nous affrontons tous la même tempête, mais nous ne sommes pas tous sur le même bateau»: c’est sur ce constat, dressé dans une interview au Corriere della Sera par Mgr Vincenzo Paglia, son président, que l’Académie pontificale pour la vie s’appuie dans son dernier document.

Alors que la COVID-19 fait encore sentir ses effets, hypothéquant la rentrée, Humana communitas à l’ère de la pandémie: méditations intempestives sur la renaissance de la vie invite à en tirer les leçons. Nous vous proposons dans ce numéro l’éclairage d’un de ses membres, la théologienne française Marie-Jo Thiel.

Dans la tempête qui nous frappe depuis des mois – et dont on ne voit pas la fin –, des paquebots côtoient des barques de pêcheurs. Les moyens de lutte sont inégaux, mettant en grave danger les plus faibles. Face à ce constat, l’Académie pontificale pour la vie appelle à agir avec «le courage de la résistance » et «une attitude d’espérance». Convaincue, comme Elisha, peintre d’icônes lausannoise, qu’«on n’a pas de prise sur le vent, mais qu’on peut choisir le réglage des voiles et quel cap on va prendre».

Au milieu des bouleversements provoqués par la pandémie brille toujours une lumière.Agir? C’est d’abord accepter avec humilité trois leçons de la COVID-19: nous sommes fragiles, nous sommes mortels, nous dépendons les uns des autres. Personne ne se sauvera tout seul. Pour cela, il nous faut interroger notre modèle de développement, fondé sur la croissance: il épuise la planète et creuse les inégalités. Et opérer une prise de conscience: la science n’a pas réponse à tout et notre autonomie bute sur la finitude et la vulnérabilité. Le virus – toujours actif ou en embuscade – nous le prouve assez: nous ne pouvons pas tout contrôler, il nous faut accepter une part de risque et d’incertitude.

Le confinement relâchant son étreinte, nous avions pensé que le monde reprendrait peu à peu son rythme de croisière. Lentement, certes, mais sûrement. Et voilà que la reprise annoncée se fait attendre. L’occasion est belle d’apprendre, dit le document, «une patience différente: qui est capable de consentir à la finitude, à une porosité renouvelée, à la proximité voisine et à l’altérité lointaine ». Et, au sortir du pic de la pandémie – dans l’attente anxieuse d’une possible deuxième vague –, remercier pour la vie donnée et reçue.

Enfin, nous sommes invités à cheminer vers un nouveau départ dans la solidarité et la confiance. Au milieu des bouleversements provoqués par la pandémie brille toujours une lumière: tous nous en sommes porteurs, et pour les chrétiens elle est présence de Dieu en l’homme. C’est elle qui doit nous guider pour régler nos voiles et garder le cap de l’humain.

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