Elles veulent faire bouger l’Église

Les candidates, entourant Anne Soupa, ont déposé leur demande à la nonciature apostolique à Paris. Les candidates, entourant Anne Soupa, ont déposé leur demande à la nonciature apostolique à Paris. Ciric

Elles veulent faire bouger l’Eglise catholique. Alors elles ont rejoint Anne Soupa, formant le collectif «Toutes Apôtres!» afin de donner un «coup de pied dans la fourmilière».

ANNE SOUPA?

La théologienne française n’est pas une inconnue. A l’origine, avec Christine Pedotti, du Comité de la jupe et de la Conférence catholique des baptisé- e-s francophones, elle s’est portée, le 25 mai, candidate à l’archevêché de Lyon. Elle veut ainsi dénoncer l’invisibilité des femmes dans l’Eglise: leur quasi-absence à des postes à responsabilité dans sa gouvernance et leur exclusion du ministère ordonné. Un combat «pour l’Eglise», dit-elle.

QUI SONT-ELLES?

Elles sont sept à avoir déposé à la nonciature apostolique à Paris le 22 juillet – en la fête de sainte Marie Madeleine, «l’apôtre des apôtres» – leur candidature à des postes soumis à l’ordination dans l’Eglise: Claire Conan- Vrinat, Sylvaine Landrivon (menacée de mort), Christina Moreira, Hélène Pichon, Loan Rocher, Marie- AutomneThépot et Laurence de Bourbon- Parme. Des femmes aux sensibilités diverses et aux profils hétérogènes réunies dans le collectif «Toutes Apôtres!», créé en juillet pour l’occasion.

QUE VEULENT-ELLES?

Emboîtant le pas à Anne Soupa, elles disent haut et fort ce qu’elles – et d’autres femmes dans l’Eglise – pensent et vivent et qui motive leur action: «L’absence des femmes en situation de responsabilité (...) constitue un scandale autant qu’un contre-témoignage. Nous taire est un gâchis. Nous voulons rester dans l’Eglise, mais dans une Eglise qui nous ressemble et qui inclue nos diversités». Diacre, prêtre, évêque, prédicatrice, pourquoi pas? Pourquoi réserver ces postes aux hommes? Leurs motivations sont plurielles: militer pour le sacerdoce féminin, relancer le débat sur le rôle et la place des femmes dans l’Eglise, enrichir celle-ci par des talents et une approche de la foi propres aux femmes, revendiquer une stricte égalité hommes-femmes.

QUEL SENS DONNER À LEUR ACTION?

Symbolique. A sa racine, le désir de sortir de la confusion entre «le pouvoir, le sacré et le masculin»; et de mieux distinguer sacerdoce et gouvernance. Et de faire une place aux femmes dans l’Eglise en regard de leurs compétences pour ouvrir l’institution. La démarche est volontairement transgressive: le pied dans la fourmilière plutôt que la politique des petits pas. Car l’impatience grandit chez beaucoup de femmes engagées en Eglise et les candidates ne sont que la pointe de l’iceberg.

QUELLE SUITE?

Le nonce apostolique à Paris, Mgr Celestino Migliore, leur a répondu le 27 juillet: il désire rencontrer quatre candidates individuellement en septembre. «Une victoire» pour le collectif même si, précise Marie-Automne Thépot, «nous avions demandé à être reçues ensemble. Ce n’est pas un détail, car nous ne voulons pas être divisées entre bonnes et mauvaises militantes en fonction de nos parcours de vie, notre bagage théologique, nos statuts matrimoniaux...». «Nous saluons la démarche de dialogue», ajoute- t-elle, car c’est précisément ce que nous recherchions: ouvrir une discussion sur la place des femmes dans l’Eglise». 

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