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Payerne: Réouverture de l'Abbatiale

Payerne: Réouverture de l'Abbatiale Keystone

Elle fut tour à tour utilisée comme fonderie, grenier, prison et salle de gymnastique avant d’être classée «édifice religieux voûté le plus grandiose de Suisse» au 19e siècle. Joyau de l’art roman, l’abbatiale de Payerne ouvre à nouveau ses portes au public après quatre ans de fouilles et de restauration.

Les Payernois et bien d’autres attendaient ce moment avec impatience: la réouverture de l’abbatiale. Après plusieurs années de restauration, elle est à nouveau accessible au public et ce depuis le 11 juillet. «L’abbatiale représente le passé de notre ville. Avec ses grandes colonnes, ses hauts piliers et sa pierre claire, elle était déjà magnifique avant la rénovation », déclarait Michelle Berchtold, conseillère communale, juste avant sa réouverture. Certains habitants se sont étonnés de l’ampleur et de la durée des travaux – dix ans. Ils ont sans doute oublié les problèmes de surcharge de la toiture qui ont déformé la structure de l’abbatiale et étendu les travaux.

SUR LE MODÈLE DE CLUNY

La restauration a également porté sur la place dumarché qui a désormais un tout autre aspect. «Avec la place du marché pavée, on se croirait de retour dans le passé», explique Michelle Berchtold. C’est bien ce que les restaurateurs avaient à coeur: redonner à l’abbatiale son aspect originel tout en la rendant accessible à chacun.

Les premières traces retrouvées à Payerne datent des 2e et 3e siècles. Il s’agit d’une maison romaine propriété de la famille Paterni. Elle aurait appartenu par la suite à Marius, l’évêque d’Avenches. Il y bâtit alors un oratoire dédié à la Vierge. Une première église est construite à cet emplacement entre la fin du 8e et le début du 9e siècle; l’abbatiale, elle, sera érigée deux siècles plus tard selon le schéma de l’abbaye de Cluny, à l’origine d’un renouveau monastique en Occident.

Au coeur de la Suisse romande et lié à Cluny, l’établissement connaît un riche développement. L’architecture est romane avec toutefois l’ajout d’éléments d’inspiration gothique, comme le clocher. Ces éléments témoignent des transformations subies par l’abbatiale au cours des siècles. La façade en est une autre marque: on observe un jeu chromatique dans la couleur dû en partie à l’emploi de pierres différentes, mais aussi aux nombreux incendies qui ont ravagé le monument, notamment aux 13e et 15e siècles. Chaque fois, il est remis debout. Les rois de Bourgogne participent à sa reconstruction par des dons nombreux et importants.

A LA REDÉCOUVERTE D’UN JOYAU

En 1536, les Bernois imposent la Réforme à Payerne. L’attachement à Cluny prend donc fin. Les moines sont chassés, le prieuré fermé et l’abbatiale désaffectée. Il s’agit d’un grand bouleversement, d’autant que l’abbatiale, du temps des moines, était réservée aux religieux. Le bâtiment fait office de fonderie de cloches, de grenier, de prison ou encore de salle de gymnastique.

33A EM30Ce n’est qu’au 19e siècle que ce joyau renaît. Johann-Rudolf Rahn, historien de l’art zurichois, lors d’un discours à Payerne, fait prendre conscience de sa valeur à ses auditeurs. Sous son impulsion, le bâtiment est classé «édifice religieux voûté le plus grandiose de Suisse». On entreprend de nombreuses fouilles et restaurations pour rendre à l’abbatiale son aspect d’origine. Les travaux représentent un effort considérable. Des planchers ajoutés au fil des siècles pour des raisons utilitaires sont ainsi abattus.

Les architectes qui se succèdent font face à l’instabilité de l’édifice qui souffre d’un déséquilibre de structure depuis sa création. Louis Bosset tente d’y remédier en ajoutant des renforts sur des voûtes déjà dégradées. Malgré cette intervention, des fissures apparaissent auxquelles s’ajoutent des problèmes d’humidité qui mettent en péril les peintures des voûtes et des chapelles.

Par la suite, et toujours dans le but d’assurer la pérennité de l’édifice, la commune de Payerne tente de rassembler des fonds. Elle obtient le soutien de la Confédération, du canton et de diverses fondations. Un premier plan de sauvegarde est mis enoeuvre pour les années 2007-2010, puis des travaux de consolidation sont entrepris en 2015 avant que l’abbatiale soit fermée jusqu’à aujourd’hui.

UN REGARD NEUF

Le nouveau parcours de visite est prometteur: il offre pas moins de vingt postes et nonante minutes de visite autour de l’abbatiale et de la place du marché. Michel Etter, scénographe du parcours découverte, promet un moment «immersif et interactif» avec des jeux et des sons pour satisfaire pleinement le visiteur. Une nouvelle muséographie est également proposée qui met en valeur ce que les fouilles et les recherches ont mis au jour.

«Le parcours de visite de l’abbatiale de Payerne offre un regard nouveau sur l’histoire de la plus grande église romane de Suisse. A travers une scénographie audacieuse constituée de vingt points à découvrir à l’aide d’un audioguide, venez explorer les secrets inédits que renferment ses murs.»C’est par ces mots qu’Anne-Gaëlle Villet, directrice-conservatrice de l’abbatiale, invite le visiteur à s’imprégner de ses trésors.

Centre spirituel et culturel, l’abbatiale de Payerne souhaite exploiter la vie artistique dans sa diversité. Visites, événements et concerts sont ainsi au programme. Rendez-vous cet été à Payerne.

Maÿlis Voirol 

L’abbatiale et la reine Berthe

Une tour, une épicerie ou encore des tisanes portent le nom de la reine Berthe de Souabe. Son empreinte est forte à Payerne, et pour cause. Reine consort de Bourgogne à partir de 933 et épouse du roi Rodolphe II, elle a séjourné dans ce bourg. Selon la légende, elle a également appris aux jeunes filles du village à filer, ce qui lui valut par la suite d’être représentée dans plusieurs tableaux une quenouille à la main. Dans la première moitié du 12e siècle, les moines produisent de faux documents désignant Berthe comme fondatrice de Payerne. Cela leur permet de s’octroyer des droits. Ces documents ont alimenté la légende d’une reine bienfaitrice. C’est pourtant sa fille Adélaïde qui, selon certaines hypothèses, serait à l’origine de la construction de la première église, destinée à accueillir la dépouille de sa mère.

MV

 

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